08 août 2007

À propos de verdure

On parlait de verdure ; l'occasion d'aborder ce qui est, il me semble, l'information la plus importante de ces derniers mois. Non, ce n'est pas de savoir si c'est bien Rachida Dati qui est allé chercher des DVD un dimanche pluvieux à Wolfsboro (New Hampshire) - c'est de l'augmentation des prix agricoles que je veux parler.

C'était déjà le cas des céréales ; on parle maintenant des produits laitiers... La demande augmente plus vite que l'offre, donc les prix montent, c'est aussi simple que ça.


Le blé en herbe à Meung-sur-Loire (Loiret), avril 2007.

Quelle importance ? Ça veut dire simplement qu'il va falloir sortir d'une logique institutionnelle et culturelle dans laquelle nous sommes depuis la crise de surproduction agricole des années 20 : l'agriculture produit trop ; il faut limiter ces surplus, tant bien que mal, de les gérer, de s'en débarasser si besoin - en augmentant le taux de blutage de la farine dens l'Entre-deux-guerres ; par les biocarburants ou l'agriculture «bio » aujourd'hui.

Petit à petit, nous allons devoir désapprendre cette logique, revenir à celle qui a dominé l'Europe pendant si longtemps : trouver comment obtenir de la terre qu'elle nourrisse le moins mal possible le plus de gens possible. En évitant de trop urbaniser les meilleures terres agricoles, par exemple ; peut-être même les superficies boisées, qui n'ont cessé de progresser en France depuis 150 ans, devront-elles céder un peu de terrain... Et, bien sûr, les politiques de jachère et de quotas laitiers ne seront bientôt plus qu'un souvenir.

On n'en est pas là - on peut seulement espérer que l'augmentation des prix enclanche ce changement par les biais économiques usuels, sans trop de catastrophes.

Le Plume vous salue bien.

2 commentaires:

Martin Lothar a dit…

C'est évidemment une agriculture de très grande qualité (sans export de produits, mais de savoir faire) qui nourrira et fera vivre l'Europe dans quelques années.
Ce n'est même plus un pari ou une utopie, c'est une vérité prospective (si j'ose dire)

Le Plume a dit…

sans export de produits? c'est oublier que l'Europe est une des régions les plus fertiles qui soit, capable de nourir largement plus que sa population actuelle - laquelle ne semble pas destinée à croître rapidement dans les années qui viennent.

La chine a renoncé fanchement à l'autosuffisance alimentaire; nombre de pays d'Asie l'on fait depuis longtemps. Si l'Europe et l'Amérique du Nord n'exportent pas, que mangeront ces populations?