01 juillet 2007

Dolmen

Continuons la promenade dans ma petite photothèque. Hier, c'était une estacade de bois dans une vallée d'Indre-et-Loire ; aujourd'hui, du béton armé sur une colline de Haute-Saône. Logique, non ?


La chapelle Notre-Dame-du-haut à Ronchamp (Haute-Saône), 13 juillet 2005.

Je l'avais dit à l'époque : j'aime ce bâtiment. Autant l'église Notre-Dame de Royan, qui date de la même époque, est une abomination, autant cette réalisation-là est une réussite : n'est pas Le Corbusier qui veut. J'ajoute que, contrairement à de nombreuses réalisations plus récentes dont l'esthétique est d'avantage concue pour la couverture d'Architecture Aujourd'hui que pour le visiteur ou l'usager, ce bâtiment-ci est plus beau en vrai qu'en photo.

Ça n'empêche pas une certaine incongruité : l'emplacement de la chapelle avait été choisi pour sa proximité des mines de houille qui faisait de ce petit coin de Franche-Comté, entre Lure et Giromagny, un mix bien particulier de ruralité et d'industrie minière. Le projet est rempli des espoirs de refondation du catholicisme qui caractérisent les années cinquante et soixante, avec l'ouverture sur le monde ouvrier justement, la place faite au cérémonies en plein air, etc. Que reste-t-il de tout cela ? Rien, ou pas grand chose. L'Église catholique, ayant sacrifié les formes liturgiques sur l'autel de la modernité, est tout naturellement entrée en réaction sur le fond ; elle enn est toujours là. Quant aux mines de charbon, voilà bien longtemps qu'elles ont fermé.

Il en reste un édifice très beau et très inutile, comme un dolmen du XXe siècle. Ça tombe bien, j'aime bien les dolmens.

Le Plume vous salue bien.

10 commentaires:

Madame Plume a dit…

Pas seulement: c'est aussi un magnifique mémorial à la Résistance française contre les Nazis dans cette région.

cecile a dit…

c'est super beau: pour une fois que l'archi moderne prend des materiaux jolis! (quand c'est tout metallique ou tout verre, ça finit par etre lassant)

sel a dit…

C'est normal si je trouve que ça "sonne" breton ? ça doit être les murs blancs et les petites fenêtres,; je sais pas...
(Le Corbusier, il set d'où ? De Nantes, c'est pas ça ?)

Le Plume a dit…

M'dame: les tentatives de renouveau du catholicisme après la guerre doivent beaucoup à l'expérience de la Résistance, justement - surtout dans cette région pas franchement rouge vif! Par ailleurs, le député (gaulliste) du coin avait beaucoup fait pour maintenir les activité des houillères du coin.

Cécile: bah, c'est du béton - mais bien mis en oeuvre et bien travaillé. pas comme à Royan, justement.

Sel: Charles-Édouard Jeanneret, dit le Corbusier, est né natif de la Chaux-de-Fonds, dans le Jura suisse, plus proche de Ronchamp que de Nantes donc! Mais c'est vrai que la façade blanche et les petites fenêtres donnent au tout un aspect plus breton que franc-comtois. Et puis le ciel a des allures bretonnes, même si la température était nettement continentale!

Sappholfaire a dit…

Le Corbusier il est suisse (avec accent), mais il a bien laissé des traces à Nantes. Avec une Cité radieuse à Rezé.
Mais diable ça vieillit très mal le béton. Et avec ce "magnifique" soleil, c'est déprimant.
Très chouette ta photo Le Plume !

Flivo a dit…

Bon je disais que tes photos avaient un effet apaisant, mais commenter sur Blogger me pose semble t'il des problèmes du moins avec un lien : j'essaie sans.

Srividya a dit…

Lovely pictures and great descriptions :)

Le Plume a dit…

sappholfaire: de ce point de vue, Ronchamp s'en sort mieux que la Villa Savoye, à ce que j'ai cru comprendre. Faut dire, le solarium à Poissy-sur-Seine, j'ai comme un doute!

flivo: bis repetita placent et tout ça.

srividya: thanks - especially since I don't have time to write English versions of my blog entries!

schmitt sophie a dit…

je suis déçue, j'habite juste à côté (résidence secondaire) de l'église de royan... elle n'est pas terrible terrible c'est vrai toute grise brute de béton, mais quand vous êtes à l'intérieur, vitraux éclairés, haut espace, ça a de la gueule. Mais les structures métalliques sont apparentes un peu partout ça coute cher de l'entretenir. Enfin, ça sert de point de repère. Et pour se consoler on peut se dire que l'église pompier néogothique du XIXe qui a été bombardée en 1945 était beaucoup plus banale...

Le Plume a dit…

Je reconnais que le mot employé est un peu fort - mais décidément, côté extérieur, ça ne le fait pas, je trouve. J'avoue ne pas connaître l'intérieur... La prochaine fois que je vais dans le coin!