25 mars 2007

Écouter parler les sources

À l'occasion de mon passage au musée de la Marine, jeudi dernier, j'ai acheté un numéro récent de la revue des amis du musée, Neptunia, consacré à la fabrication de l'artillerie de marine. J'y ai lu un article qui cause en partie de mes sujets de recherches - avec tellement d'erreurs et d'à-peu-près que je réalise mieux l'urgence qu'il y a à boucler, rédiger et, si possible, publier mes propres résultats.

Vendredi, dernière séance d'archives consacrée au carton qui m'intéressait ces derniers temps. Je ne pense pas que j'irais faire beaucoup plus de dépouillement aux archives nationales cette année ; il faut savor dire « stop ». Ou peut-être encore un tout petit, petit, petit peu. Ce qui ne veut pas dire que j'ai renoncé à retourner voir des trucs à Lorient ou à aller jeter un coup d'œil à Limoges...


Le moulin de Guillot, ancienne forerie de canons et lavoir à minerai, Feuillade (Charente), juin 2004.

En attendant, je fais des fiches. Utile, dans la mesure où ça me force à revoir l'ensemble de ma documentation. Qui, disons-le, commence à être substantielle.

Lucien Fèbvre disait que faire de l'histoire, ce n'est pas simplifier mais compliquer. Et c'est vrai : en prétendant simplifier, généraliser, prendre de la hauteur, on arrive à faire de belles phrases, de belles démonstrations - et on se plante. Parce qu'on n'a pas assez écouté parler sa documentation, tout simplement.

Le Plume vous salue bien.

4 commentaires:

sel a dit…

Ah ah ah. Un tout petit petit peu ? Tout dépend de la notion de petit peu ;)
Mais bien d'accord avec le Lucien, ceci dit. Disons que les seuls qui aient le droit de simplifier, ce sont ceux qui connaissent déjà les complexitèé. ce qui interdit la vulgarisation. Et pourtant, c'est bien aussi, la vulgarisation...On tombe dans le fameux dilemne...
(chouette, la photo, au passage. )

Le Plume a dit…

(un coin que j'aime bien, cf. ma base de données.)

Sinon, tous le problème est là: tu ne peux généraliser (au sens cartographique du terme: passer d'une grande échelle à une échelle moins détaillée) que lorsque le travail de fond a été fait, soit par toi, soit par d'autres. Le problème en histoire des techniques, c'est que c'est rarement le cas.

Du coup, des gens comme Bertrand Gille dans les années 50 (ou dans une moindre mesure comme l'auteur du papier dans Neptunia) formulent de belles explications générales pour expliquer des données incorrectes...

Le Plume a dit…

au fait: noter la couleur de l'eau, qui est en fait la couleur de la boue au fond de la rivière...

civetta a dit…

ah ben voui, faire de la recherche, c'est fouiller dans la boue! gnarf