25 juillet 2004

Plouaret-sur-Seine ?

Allez, je ne résiste pas malgré mes grandes déclarations d'hier à vous sortir ce RER égaré en gare de Plouret-Trégor (22), pris hier midi.

Résultat d'un détournement de train d'un banlieusard épris de grands espaces ? "À Landerneau, et en vitesse !" Mystère.

Le Plume vous salue bien.

24 juillet 2004

Pendant ce temps là, quelque part, des vaches regardent passer un train


Entre Plouaret et Lannion, vue du TER, aujourd'hui, vers 13h55.

Back to the basics en somme : la bonne couleur d'herbe, la bonne couleur de ciel, la bonne couleur de vache laitière. Un voyage en train, comme un retour : pendant toute une période de ma vie, j'ai eu l'impression de partir toujours, de n'arriver jamais ; maintenant, je peux faire des aller-et-retour et avoir dans les deux sens la sensation de rentrer chez moi. Serait-ce quelque chose comme l'âge adulte ? Moi qui pensais que ça n'arrivait qu'aux autres !

Voyager en photographiant, c'est aussi quelque chose d'assez nouveau pour moi. Longtemps je me suis refusé à voir le monde au travers d'un objectif ; puis j'ai pris des photos lorsque des situations particulières l'appelaient. Maintenant, blog et appareil numérique aidant, je photographie beaucoup, pour trouver l'image qui dira quelque chose. Du coup, quand vient l'heure du choix, hésitations : d'un côté, des curiosités, des monceaux de bois répandus sur un quai désaffecté à Lamballe, comme posés là par un ouragan méticuleux ; ou bien, une rame de RER au couleur du "transilien" en gare de Plouaret-Trégor, face au café de l'abattoir. Et puis, d'un autre côté, des photos qui sans guillemets ni points d'exclamation parlent d'un ici et maintenant.

Des vaches, par exemple. Qui regardent passer mon train.

Le Plume vous salue bien.

20 juillet 2004

Si Jussieu su, Jussieu pas venu

Avec tous les chantiers en cours, le campus de Jussieu prend chaque jours d'avantage un look de sanctuaire post-atomique. Alors même que le chantier de désamiantage progresse, neutralisant un bon quart du campus, on lance un chantier de construction _ très utile alors que Paris 7 devrait libérer un tiers du campus d'ici 2007... Bref, c'est la pagaille.


Jussieu, chantier du bâtiment "16000", 19 juillet 2004.

Et demain, pour les estomacs bien accrochés, la preuve de l'existence d'un culte statnique clandestin dans les escaliers de secours de Jussieu.

Le Plume vous salue bien.

05 juillet 2004

Rappel : il n'y a pas qu'en France qu'on fait du vin. Et surtout du vin blanc.


Dégustation, vignoble Boschendaal, Paarl, W Cape, Afrique du Sud, février 1997.

Voilà quelques verres à déguster sous le grand chêne de Boschendaal. Ou à emporter pour accompagner les langoustes de Langebaan. On pourra le cas échéant trouver de l'ironie à ce que les meilleurs vins d'Afrique du Sud soient des blancs. N'empêche, ils se laissent boire.

Ainsi se termine notre série "les fruits de mer sont nos amis".

Le Plume vous salue bien.

24 juin 2004

Histoire sans fin

On casse, on reconstruit, on déplace, on repeint... Le campus de Jussieu, ou l'histoire sans fin : photo prise en mai dernier. Les vieux escaliers de secours de la "demi-barre" 54/0 ont été détruits pour laisser la place au chantier du "bâtiment 16000" (16.000 m² de surface utile supplémentaire, sans qu'on sache trop pour quoi faire). Du coup, des escaliers temporaires ont dû être construits, donc des laboratoires déplacés, des cloisons refaites, etc.

Personellement, je ne serai pas plus faché que ça de laisser ce tas de ferraille à nos chers collègues de Paris 6. Si tant est qu'on arrive jamais à se faire construire les mètres carrés dont on a besoin aux grands moulins.

le Plume vous salue bien.

21 juin 2004

Fête du silence

La fête de la musique, j'aimais bien quand j'étais en province, avec les copains en concert devant les cafés d'Angoulême par exemple. Depuis que je suis à Paris, pas moyen, je n'y arrive pas, cette ambiance toujours limite malsaine me fout en l'air - quant à ces concerts place de la République, avec le public écrabouillé dans le goulot de la rue du temple (pour permettre aux caméras grutées de faire de jolies images de la statue derrière la scène ?), je m'étonne seulement qu'ils n'aient pas encore fait de morts.

Alors pour moi, ce soir, pas de musique, ou alors, peut-être, le chant des baleines.


Baleine à bosse, Cape Cod Bay (MA), été 2001.

Le Plume vous salue bien.

11 juin 2004

Gamkaskloof

Je ne suis pas très causant ces jours-ci : toujours un peu dur de se reconnecter en rentrant de vadrouille. Alors du coup, je continue dans les photos de loin.


Gamkaskloof, Afrique du Sud, 1997.

Gamkaskloof (aussi nommé "Die Hel" sur les cartes topographiques sud-africaines) : pour y aller, ça n'est pas compliqué, vous prenez la route qui traverses les montagnes fort escarpées du Swartberg, la chaîne qui sépare le Petit et le Grand Karoo ; arrivé au sommet du col, après avoir laissé refroidir votre moteur, vous tournez à gauche, en supposant que vous arriviez du Petit Karoo - vous ne pouvez pas vous tromper, il n'y a que cette intersection pendant toute la traversée du Swartberg. Et vous débouchez dans cette vallée, desservie par cette unique route, sur des dizaines et des dizaines de kilomètres. Pour repartir, vous n'aurez pas le choix, c'est un cul de sac ; il faudra refaire votre chemin en sens inverse. Il y a bien une rivière, la Gamka, qui a la drôle d'idée de traverser perpendiculairement la vallée, mais elle emprunte des gorges totalement impraticables en amont comme en aval.

Les quelques fermes de la vallée sont les dernières d'Afrique du Sud a avoir été reliées par la route au reste du pays. Et quand on dit la route... les instructions de l'Automobile Association la listent comme « praticable par une voiture de tourisme moyennant une grande prudence » ; moi, franchement, j'hésiterais.

Avant l'arrivée de la route, il y avait plusieurs jours à dos de mulet pour se rendre d'un côté ou de l'autre du Swartberg, et on ne peut pas dire que ça fasse déboucher sur les parties les plus civilisées du pays : Oudtshoorn, capitale du Petit Karoo, est considéré comme la ville la plus arriérée et réactionnaire du Western Cape, sinon du pays tout entier. Il faut dire, la région a conu une récession catastrophique depuis que les plumes d'autruches ont perdu la faveur des créateurs de mode européens, vers 1930. Depuis, ça végète, tout en élevant des autruches (les élevages du Petit Karoo concentrent plus de 80% de la population mondiale de l'espèce) et en oprimant les noirs. La commission de vérité et de réconciliation a tenu à Oudtshoorn des audiences passablement gratinées, surtout si l'on considère que les services de sécurité de l'Apartheid n'étaient guère actifs dans le coin.

Je ne connais pas l'histoire du peuplement du Gamkaskloof. On ne peut que penser à des fermier Boer plus extrémistes que d'autres dans leur conviction que s'installer à une distance d'un autre fermier telle qu'on puisse distinguer au loin le sommet de sa grange serait le premier pas vers la fondation d'une nouvelle Babylone, sinon d'une Sodome ou Gomorrhe...

Mais tout de même, le comble de l'isolement que représente cette vallée géomorphologiquement parfaite a un aspect non pas désirable mais, je ne sais pas, reposant pour l'esprit de nous autres urbains. Ce qui n'empêche pas de faire demi-tour et de repartir vers la civilisation, ou, à défaut, vers Prins Albert, côté Grand Karoo.

Le Plume vous salue bien.

03 juin 2004

Le temple le plus populaire de Kyoto

Ce n'est pas le Ryoanji et son fameux jardin de sable, ni le pavillon d'or, ni le pavillon d'argent (qui à la différence du précédent n'a jamais reçu son placage de métal précieux). Non, c'est, à flanc de montagne, sur la partie Est de la ceinture de temples qui entoure Kyoto sur trois côtés, le temple des eaux pures, Kyomizu-dera.


Kyomizu-dera, Kyoto, Japon, août 1998.

Sur sa spectaculaire structure en bois, garranti 100% anti-sismique, il surmonte les quartiers historiques de la rive droite de la Kamo. On y monte à pied ; pour les jeunes filles qui font le trajet en costume traditionnel, sandales en bois comprises, ça vaut la bonne mère avec des poids chiche dans les souliers. On y boit l'eau des sources avec de petites casseroles à long manche ; on y consulte l'oracle des baguettes de bambous avec petit bulletin explicatif qu'on ne jettera pas après (ça pause problème pour les arbres qui se retrouvent couverts de papier) ; on y admire la plus belle vue sur Kyoto, bien que le point de vue soit plus esthétique que le panorama. On poura passer saluer l'inévitable sanctuaire d'Inari. C'est un lieu de promenade comme un lieu de pelerinage, l'ambiguité n'est jamais levée.

Mais dans les guides occidentaux, peu de louanges : le Lonely Planet, bible du touriste branchouille, n'apprécie pas du tout : trop de boutiques de souvenirs et de diseurs de bonne aventure, pas assez d'austérité, pouerk, sale. Difficile d'être plus mal parti pour comprendre quoi que ce soit au Japon : l'idée de pureté du religieux n'y a guère de place. Les Japonais visitent les temples zen comme des curiosités, un patrimoine culturel que l'on se doit d'avoir vu ; mais pour les choses sérieuses, c'est autre chose : le plus grand cimetière de Kyoto est au pied du Kyomizu-dera.

p>Le Plume vous salue bien et clôt ainsi sa semaine du Japon. Les chroniques suivantes dépendront de mon itinérance programmée ; d'ailleurs, il serait grand temps que je prenne mes billets de train...

17 mai 2004

Do the locomotion with me

Pour le retour des beaux jours, une photo de l'opération choc réalisée par la SNCF et la ville de Paris en juillet 2003. Il s'agissait de promouvoir un nouveau "produit", le "Téoz" - nom ridicule pour un concept qui ne l'est pas moins : assujettir un Corail aux contraintes du TGV, tout en diminuant son confort et en augmentant son prix. Mais qu'importe le prétexte : voir rouler un train entre la Concorde et le rond-point des champs élysées, ça n'est pas rien ; admirer wagons et locomotives du musée de Mulhouse sans avoir à se rendre dans le Haut-Rhin, ça n'est pas pire.

À propos, d'autre que moi se souviennent-ils des serviettes en papier décorées de vieilles locos qui servaient d'essuie-mains dans les trains de grandes lignes ? J'étais tout môme, ce qui nous met dans les années 70 ; je serais bien empêché de préciser date ou lieu.

Revenons à nos moutons. Moi, contempler des bébêtes comme ça, j'aime bien :

Il s'agit de la locomotive Seguin de 1829, première locomotive de fabrication française, conçue pour le Lyon-Saint-Étienne. Elle inaugure la chaudière tubulaire ; les étonnants ventilateurs latéraux sont conçus pour accélerer la circulation des gaz dans les tubes. Ca n'a pas été une grande réussite, semble-t-il, et les locomotives Stephenson, plus rudimentaires, marchaient mieux et plus vite... Peu importe : c'est un bien joli monstre.

Et voilà, les historiens sont incorrigibles. Invitez-les à diner et ils vous endormiront l'assemblée avant même l'arrivée du gigot, retraçant en long, en large et en travers le glorieux passé de l'endive que vous leur avez servi...

Le Plume vous salue bien.

13 mai 2004

Petit pont (mais pas de bois)

Bon, puisque ce sont les saints de Glace paraît-il ("saints", j'ai dit, pas de mauvais esprit s'il vous plait), je ressors une photo de décembre dernier. Il s'agit du pont de Guillot sur le Bandiat, à Feuillade (Charente). Je n'en connais pas la date de construction, mais je le soupçonne du XVIIIe siècle.


Pont de Guillot, Feuillade, 29 décembre 2003.

Ce qui est amusant, c'est qu'il y a un pont, mais pas de route : celle-ci atteint le moulin qui se trouve à gauche du cadre, puis se transforme en chemin agricole pour desservir les champs de l'autre côté du Bandiat.

Alors, pourquoi un pont s'il n'y a pas de route ? C'est que le moulin de Guillot n'était pas un moulin ordinaire, mais un moulin à minerais et une forerie de canons. On y lavait et concassait le minerai avant de l'envoyer dans les hauts-fourneaux des environs (il y en avait trois ou quatre dans un rayon de quelques kilomètres) et surtout à la fonderie de Ruelle. Ce pont était donc tout indiqué pour supporter les tombereaux de minerais en provenance des bois de Varaigne, sur la rive droite.

Donc non seulement c'est un joli petit pont, mais en plus il intéresse l'historien. On peut être dans une région à forte histoire sidérurgique sans que ça ressemble à une zone industrielle !

Le Plume vous salue bien.

10 avril 2004

un pied-à-terre pour le printemps

Quand il est de passage à Paris, le printemps peut s'installer au jardin des plantes, où il a ses habitudes. Ce qui permet d'avoir un peu de verdure en vue, depuis un campus qui n'en a guère.

Derrière les arbres, la galerie de zoologie,un endroit fantastique où je retournerai dès que j'aurais eu le temps de passer payer ma cotisation à la société des amis du muséum d'histoire naturelle. Un peu plus loin, le complexe de bureau libéral et avancé de la place Valhubert. Seule consolation : pour les privilégiés du dernier étage de ce bâtiment, vue imprenable sur le plus moche profil de Jussieu !


photo du 8 avril 2004, par votre serviteur.

Le Plume vous salue bien.

06 avril 2004

Furtive tentative

Et pourquoi pas ? Lorsqu'on partage sa vie obstinément entre (dans le désordre) les réseaux informatiques universitaires, une maîtrise d'histoire, une femme de rêve, un bô batô que faut que je fasse mes vernis, le militantisme dans un parti politique, et j'en oublie, on peut bien faire sa petite crotte bloguesque de temps à autre non ?

Et pour palier l'absence provisoire (comme on dit) d'une page d'accueil, j'ajoute une jolie photo prise par mes soins de la place Jussieu un soir de giboulée de printemps, comme ce soir, et je vais me faire rincer à vélo, et il est tard et itunes me joue "au bonheur des dames", il est donc plus que temps de vous saluer !

Le Plume vous salue bien.