29 août 2006

Énergie

Non, décidément, non : je ne partage pas l'obsession antinucléaire. Pourtant, qu'elle est répandue ! Seulement, voilà : de l'énergie, j'en utilise tous les jours, directement ou au travers des produits que je consomme. Et comme j'ai fait des études scientifiques dans mes jeunes années, je suis conscient de ce que cette énergie ne vient pas de nulle part.

Alors, en attendant mieux, pourquoi pas comme ça ? Toujours mieux que de crâmer du fuel ou du charbon, dont on nous apprend pas ailleurs qu'ils contribuent à l'effet de serre. L'énergie éolienne se développe doucement - mais en ces temps de «pas dans mon jardin » elle ne tardera pas à se heurter à ceux qui crieront à la dégradation du paysage ; quant à l'hydroélectricité, il est devenu politiquement impossible pour les mêmes raisons de la développer davantage.


La centrale de Chinon-Avoine vue de la rive droite de la Loire, vendredi 25 août vers 19h

Et puis ces monuments de pierre de la modernité, en quoi sont-ils intrinsèquement plus laids que les donjons d'autrefois - symboles d'un pouvoir seigneurial guère plus sympathique que celui de l'État technocratique, finalement ? À Chinon, surtout, véritable musée en plein air du nucléaire français - la vieille sphère des années soixante, les blocs cubiques des années soixante-dix et les réacteurs PWR des années quatre-vingt...

À l'époque où je fréquentais assez régulièrement cette région, il y avait rarement plus d'une tour de refroidissement active pendant l'été, quand la centrale n'était pas tout bonnement arrêtée. Aujourd'hui, la consommation estivale est presque identique à la consommation hivernale, comme en témoignent les trois panaches de vapeur d'eau qui s'élèvent sur la droite de l'image. La climatisation est passée par là ; pas seulement la climatisation de confort de Marie-Chantal : sans l'aide de multiples salles machines parfaitement climatisées, pas d'informatique, pas de réseaux... Bref, sans clim' - et donc sans énergie - vous ne liriez pas ce message.

Je préfère habiter un pays qui a choisi d'assumer sa consommation électrique plutôt que dans un de ceux qui, ayant accepté par démagogie de renoncer au nucléaire, vivent du nucléaire des voisins. À bon entendeur, ciao.

Le Plume vous salue bien.

5 commentaires:

My a dit…

Dans l'état actuel de notre société industrialisée et en attendant les progrès scientifiques qui nous permettront d'appréhender l'énergie autrement, il est malheureusement exact que l'énergie nucléaire est la seule à pouvoir subvenir aux besoins énergétiques (à 80% industriels) de nos pays. Ceci dit, elle n'est pas sans conséquence non plus sur notre environnement et les fûts de déchets radioactifs au large de nos côtes ou directement enterrés ne se désagrègent pas sur une échelle de temps humain, pas plus que leurs effets. Alors oui, c'est la moins pire des solutions, pour l'instant...

Le Plume a dit…

Nous sommes bien d'accord: en attendant mieux.

Par contre, à ma connaissance, on ne pratique pas en France l'immersion de déchets. A vrai dire, on ne pratique rien avec les déchets: on les stocke à la Hague en se grattant la tête. Le but était de les utiliser dans les surgénérateurs, mais ça n'a pas marché.

On commence seulement à envisager l'enfouissement - ce qui n'est pas déraisonnable, à très grande profondeur et dans des couches géologiques stables. Mais là aussi, l'opinion publique proteste - la même qui s'insurge quand le tarif de l'electricité augmente....

My a dit…

Sans doute les pissenlits géants ont-ils leur charme... quant à La Hague, je connais bien, mon père y a travaillé...

MeryllB a dit…

C'est vrai qu'on se demande qu'en foutre de ces dechets.
Je propose qu'on les file aux japonais. Ils s'en serviront pour creer des iles artificielles supplementaires, tres utile pour construire des buildings. En plus si ca se trouve avec du bol ca va faire revenir Godzilla, parce que depuis le temps qu'on n'a pas eu de tremblement de terre, a Tokyo, on s'ennuie.

Le Plume a dit…

my: à plusieurs milliers de mètres de profondeur, je doute un peu que les pissenlits réussissent à aller leut titiller l'occiput, aux déchets!

meryll: on a déjà réussit à leur revendre (très très cher) la technologie des surgénérateurs (type super-phénix) qu'on était en train d'abandonner. Au risque d'ailleurs de les voir y arriver, ce qui aurait tout de même été humiliant. Mais non, l'honneur est sauf: ils ont failli se faire sauter le caisson avec - la plomberie du sodium fondu, ça reste un peu délicat.