Au tourbillon du temps qui passe il y a les nombres, les dates, les années : elles, défilent, elles défilent - laissons-nous surprendre. J'ai grandi à l'époque des missiles Pershing et SS20, où no future n'était pas un slogan mais une prévision raisonnable, balistique et intercontinentale. Erronée, aussi, pour le moment. Profitons-en.
Angoulême, place Saint-Martial, 28 décembre 2011.
Nos années aussi, elles passent, et celles de nos proches. Cette histoire de mortalité, c'est vraiment idiot, quand on y pense. On a beau faire, on ne s'y fait pas. Mais on assume, vaguement. Et voir grandir un petit bonhomme rend la question sinon caduque (ça, c'est nous), du moins inoffensive.
Au chapitre des années : à force qu'elles passent, se multiplient les occasions de revoir des amis de vingt ans, ou plus. Pour conclure hier le séjour angoumoisin, rencontre trop brève avec une amie des années indécises du lycée. Une amie, je dis bien, au sens plein et entier du terme - pas une copine ou une camarade. On a construit ensemble des parties de nous-même qui ne sont pas les pires, je trouve. On aurait pu parler 50 heures d'affilée ; on a juste eu le temps de vérifier que de ce qui peut relier des êtres humains, le tourbillon des années ne casse pas tout.
Retour pour quelques jour au pays de mon adolescence, sinon de mon enfance (j'avais onze ans à mon arrivée ici). Le temps est passé, un peu, mais il fait toujours bon se promener en bord de Charente par les belles matinées d'hiver ; quand il pleut, il vaut mieux éviter.
Plaine de jeux de Frégneuil, Angoulême, ce matin.
Le temps continue à passer d'ailleurs : de tout ce que je voulais faire, et de tous les gens que je voulais voir, je n'ai rien fait, ou rien vu. J'ai acheté une ligature et un support pour la clarinette, et dans la même boutique le tome deux de la méthode de Jean-Noël Crocq : toujours ça de pris. Nous rentrons demain ; je vais tâcher de rattraper le temps perdu en revoyant au moins une amie de 20 ans avant de repartir.
Testé : sortir de la maison à 17h30 le 24 décembre pour faire les courses de noël ; se rendre compte à 1h du matin le 25 que l'on est à court de papier cadeau ; se tirer sans difficulté autre qu'un état d'épuisement avancé de ces situations (en sacrifiant toutefois un certain nombres d'enveloppes postales au format A4).
C'était Noël, et je vous le souhaite (un peu tardivement) fort bon.
L'arrivage de barbapapas de ce matin.
Multiculuralité du jour : manquer de se prendre les pieds dans les restes d'emballages de cadeaux de Noël pour allumer les bougies de Hanoucca (dont c'était le cinquième jour : cinq bougies, plus une).
Départ demain matin pour Angoulême. Connectivité internet sujette à caution pendant cette période.
... les vacances. Auxquelles j'arrive à peu près en rampant ; c'est la règle du genre je suppose.
Aujourd'hui dans une université presque déserte, dernier coup de collier pour tenter d'achever tout ce que je m'étais promis de faire cette semaine. On est loin du compte, bien entendu.
Messieurs les vidoirs, prenez place (Censier, ce matin).
Signe de maturité, peut-être : je n'ai finalement pas entrepris de réorganiser en profondeur le réseau de l'université, en démarrant à 16h le vendredi précédent Noël. Pas joueur pour deux sous, le mec.
Le Plume vous salue bien.
P.S. : Hanoucca, 4 - Quatre bougies, plus une. La toupie électronique tombe en morceau mais les morceaux qui restent continuent de chanter.
Les bougies s'allument ; noël approche. C'est le troisième soir de Hanoucca.
Troisième soir, troisième bougie (plus une).
Et cependant dans une université presque déserte je persiste à jouer les petits téléphonistes : un site passé sur le nouveau système aujourd'hui, hop, hop.
Une fête sur huit jours : l'idéal pour remettre sur les rails la quotidienneté de ce weblog.
Deuxième jour, deuxième bougie (plus une).
Cependant la toupie électronifiée donne des signes de faiblesse, mais ça n'est pas grave - c'est le système de lancement à ressort qui ne tient plus très bien ; par contre ses LED produisent toujours de belles figures colorées et sa voix nasillarde nous souhaite toujours (je crois) un joyeux Hanoucca. Je vous le souhaite pareillement.
Pour le premier jour de Hanoucca, une bougie et une toupie.
La première bougie de Hanoucca, plus une.
Une bougie, bien sûr, ça en fait deux, puisqu'il y a en plus la bougie-origine, celle qui allume toute les autres. Quant à la toupie, elle disposait d'un système de lancement à ressort et bouton poussoir, de diodes multicolores et d'une voix électronique qui vous souhaite un joyeux Hanoucca. Ça tombe bien, moi aussi.
Il faut se rendre à l'évidence : ce blog hiberne. J'ai beau faire, l'énergie nécessaire à l'écriture quotidienne, que j'avais pu trouver pendant des années, me manque un peu.
Jardin Villemin, Paris 10e, dimanche midi.
Il faut dire qu'à part être submergé de travail et regarder grandir le plus fantastique des petits garçons, il n'y a pas grand chose à raconter. À part peut-être des soucis de logement, un peu de politique, de la musique toujours, une actualité qui tourbillonne (mais plutôt vers le bas), et tout le reste. Plein de chose en fait. Du nerf, que diable !
Le Plume vous salue bien.
P.S. : le petit bonhomme traverse régulièrement la pelouse dans toute sa longueur pour aller vérifier ce que dit ce panneau. « Oui, papa, il dit : pelouse au repos ».
Après le coup de bourre de la téléphonie, un petit break : les journées réseau de l'enseignement supérieur à Toulouse. Évidemment, c'est encore du boulot - et ça n'est pas particulièrement reposant. Mais ça faisait un moment que je n'avais pas commis d'escapade...
Toulouse, boulevard Matabiau, hier matin.
Une ville super, des conférences intéressantes, du beau temps (aujourd'hui moins), des tas de gens à voir... Mais j'ai de bonnes raison d'être pressé de rentrer, aussi.
Une exclamation après un long silence : un projet sur lequel je travaille depuis un an, et qui m'accapare totalement depuis septembre, porte enfin ses fruits. Plus concrètement : le site principal de l'université qui m'emploie a changé de système téléphonique ce soir, pour passer à un système de téléphonie sur IP Cisco.
Les restes de la téléphonie classique, Censier, vers 19h30 ce soir.
Le déploiement était en court depuis pas mal de temps, avec l'aide de l'installateur. Mais il vient un moment où il faut débrancher l'ancien système de l'accès opérateur pour brancher le nouveau... Et ça, c'était ce soir.
Deuxième semaine d'école pour le jeune homme, ça commence à marcher comme sur des roulettes : comme prévu par une attentive lectrice, la maîtresse doit maintenant l'expulser manu militari de la salle de classe pour qu'il daigne partir le soir. Je crois qu'il commence à trouver les bons moyens de la faire enrager, aussi. Très bien, très bien.
De mon côté, l'année universitaire entre dans le vif du sujet, avec des projets et des urgences qui se téléscopent. Exemple : petit nettoyage d'une configuration de routeur vendredi soir afin de la rendre présentable pour un audit qui commençait ce matin ; dans la soirée, on m'informe qu'on ne pouvait plus sortir en wifi - sachant que l'opération d'assistance au nouveaux étudiants pour qu'ils sachent utiliser le wifi commençait ce matin. Une bonne partie de mon samedi après-midi y est passé, pour finalement remettre les lignes (à priori inutiles) que j'avais viré la veille, et ça remarche. Mystère et boules de gomme.
Bibliothèque Sainte-Barbe lors d'un déménagement de serveurs.
Histoire de m'immerger bien comme il faut là-dedans, j'ai par ailleurs pleinement repris contact avec le geek qui sommeillait en moi : fatigué de résoudre les problèmes d'hébergement du site de mon prof de clarinette, j'ai fini par louer une part d'infrastructure vitualisée chez Gandi, chez qui je louais déjà mon domaine le-plume.fr. Ce qui me donne un serveur virtuel sur leur infrastructure Xen, où je fais tourner CentOS 6 avec un serveur Apache HTTP - trop facile, avec yum, d'installer Apache. Les gens normaux auront cessé de lire ; je l'espère en tout cas pour eux.
Côté musique : un nouveau défi, travailler une partition pour orgue de Bach, le choral « du veilleur », Wachet auf ruf uns die Stimme (BWV645). C'est un tube bien connu, lui-même adapté d'une cantate, et plutôt simple : chacune des trois lignes (main gauche, droite et pédalier) sont parfaitement monodiques, ce qui me simplifie la vie. En plus c'est du mi bémol majeur, ce qui transposé pour clarinette en si bémol donne du fa majeur : la gamme la plus facile à la clarinette, à une courte tête devant do et sol majeur. Cela me fait donc trois partitions à travailler, celle issue de la main gauche ne couvrant qu'une petite moitié du morceau (c'est la reprise de la partie chantée de la cantate, très discrète par rapport à la ritournelle des violons). La partie de basse serait mieux à la clarinette basse - descendant à l'ut si possible, sinon il y a un ré à remonter d'une octave : en fait je travaille surtout la partie de main droite, qui est de toute façon
la plus marquante du morceau.
Ça ce joue, même si c'est quelque peu au dessus de mon niveau. Surtout, les organistes, ils trichent : ce n'est pas eux qui soufflent dans les tuyaux !
Ah, et puis : avant de commencer à travailler ça, au début de l'été, j'avais commencé par transcrire le tout sur Lilypond pour pouvoir transposer facilement. J'ai découvert depuis qu'une version Lilypond existait déjà sur Mutopia, mais bon, trop tard, et ça faisait un bon exercice de toute manière. Moralité : on peut aussi être geek en musique.
Le Plume vous salue bien.
Jean-Sébastien Bach, prélude choral Wachet auf ruf uns die Stimme BWV645, adapté pour cordes par Bruno Cocset et les basses réunies. Partitions : IMSLP, Mutopia.
J'avoue : pour un blog quotidien, celui-ci est devenu singulièrement hebdomadaire. Des choses et d'autres : du boulot, de la musique, du boulot en plus de temps à autre (en train de refaire le site web de mon prof de clarinette par exemple), des time wasters multiples et variés, et du temps pas perdu du tout avec un petit jeune homme bien connu de nos services. Et puis : après des années de publication quasi-quotidienne, je traîne un peu la patte ces derniers mois.
Un qui ne traînait pas, c'était le jeune homme susdit qui partait au trot ce matin pour sa première rentrée à l'école maternelle. Tout s'est bien passé... jusqu'au moment de repartir et de laisser dans sa classe. Là, moins bien.
À la porte de l'école ce matin.
Bon : la première journée est faite (« c'était dur, à la fin ») ; il s'est fait à l'idée d'y retourner demain ; il va s'habituer à un niveau de cohue et de bruit bien supérieur à celui qu'il connaissait à la crèche. Et les parents aussi, ils vont se faire à l'idée !
Un week-end parisien : mes magasins, mes jardins publics, mes après-midi à musarder sur l'ordinateur pendant la sieste...
Le Conservatoire national des arts et métiers vu depuis le bac à sable, en fin d'après-midi aujourd'hui.
Sinon : couvé une petite crève de rentrée ; pratiqué la clarinette quand même ; avant ça, fait le grand nettoyage d'automne des becs et anches (ça commençait à piquer un peu...) ; couru derrière un petit bonhomme qui mouline comme un pro sur son petit vélo ; abandonné Firefox pour Safari ; etc.
Vous connaissez ces jeux de labyrinthe, « le petit lapin cherche sa carotte, l'aideras-tu à la rejoindre ?» En voici la version informatique : trouve le chemin d'Internet parmi les fibres optiques du local technique principal de Censier.
Méli-mélo de fibres optiques, ce matin.
Quelques observations :
- Oui, il s'agit de la même armoire technique que dans l'entrée précédente. Manque juste le châssis Cisco qui faisait l'arrière-plan, puisque justement je l'avais viré lundi ;
- Qu'on se rassure, le but n'était pas de démêler ce tas de nouilles, mais « juste » d'inventorier les liaisons existantes, vu qu'on va tout refaire ;
- Dans ce cas particulier, l'accès Internet, il est facile à retrouver : c''est le seul fil qui ne soit pas une fibre optique.
Sinon, scène vécue : amener le petit bonhomme à un rendez-vous de radiologie avec sur la tête un magnifique chapeau chinois multicolore avec une immense natte fixée dessus. Il tenait mordicus à le porter pour y aller ; à vrai dire, on ne s'y est pas opposé. Il a eu son petit succès, en tout cas.
Le Plume vous salue bien.
Dietrich Buxtehude, Prélude et fugue pour orgue BuxVW 163, joué au clavecin par Andreas Staier, CD Hamburg 1734, Harmonia Mundi ,2005.
Reprise, reprise. Du coup je passe mon temps dans des baies - mais ni la baie de Perros, ni la baie de Lannion ; des baies techniques au format 19 pouces. On a beau faire : ça n'est pas la même chose.
Un commutateur Cisco Catalyst 6500 avant son déplacement.
Histoire de commencer l'année en forme, petit exercice : sortir d'une de ces baies un gros commutateur (un châssis Cisco Catalyst 6509), plein de poussière bien entendu et caché derrière un rideau de fibres optiques dont certaines ne devaient être débranchées sous aucun prétexte. Ah, et avec une palette de papier laissée sur le chemin...
Bon. Le châssis est déplacé et ma colonne vertébrale est toujours entière !
Alors que le beau temps s'installe perfidement il est temps pour les migrateurs de reprendre le chemin de nos aires d'hivernage. Le bateau est bouclé, la maison se boucle...
Des gravelots sur les pontons, Perros-Guirec, hier après-midi.
Une fois que tout sera prêt il n'y aura plus que cinq cent et quelques kilomètres à faire. Oy vey.
Pour changer de l'eau salée, une journée en eau douce : une journée sur le Blavet, en plein cœur de la Bretagne - le canal de Nantes à Brest emprunte son cours, dans ce secteur. Visite à des amis anglais que nous n'avons pas vus depuis longtemps et qui étaient en vacance dans ce petit coin, tout au Nord du Morbihan... La dernière fois que nous les avions vus, c'était également au bord d'une rivière, où nous avions pagayé quelque peu : la Vienne près de Chinon (Indre-et-Loire). La preuve en est donc faite : les Anglais sont des marins d'eau douce.
Le Blavet à Bieuzy (Morbihan), cet après-midi.
Et cependant c'est bien moi qui est failli passer à l'eau douce aujourd'hui, avec femme et enfant, pour avoir sous-estimé l'instabilité du petit canote où je ramais. Bilan : un gamin trempé et fort déconfit, bien qu'il ne soit nullement passé par dessus bord ; un peu de mal à le convaincre que c'était une péripétie sans gravité. Par contre ni l'iPhone (poche droite) ni le Pentax RZ10 (à la ceinture) n'ont pris une goutte. Cela aurait bien valu que j'allume une carte mémoire à la petite chapelle Saint-Gildas, cachée sous son rocher à quelques mètres de là.
C'est toujours l'août ; le quinze, même. Du bateau, du jardinage, de la clarinette, des cousins, des promenades, et un adorable petit bout de chou qui devient chaque jour d'avantage un grand.
Cale de Nantouar, Louannec (Côtes d'Armor), 14 août 2011.
En cas de mauvais temps (pas le cas aujourd'hui), légos pour certains et lecture pour d'autre. Hasard des rayonnages, deux romans lus coup sur coup un jour pluvieux, la semaine dernière. Le premier :
Il vivait avec ses deux filles dans une maison qui avait un jardin qui donnait sur la Bièvre.
Et le second :
A la sortie de l'école, les fins d'après midi où nous n'avions pas de devoirs, nous allions en bande à l'autre bout du village, plus loin que le château et la gare, jusqu'au grand moulin à eau, en bordure de la Bièvre.
C'est bien la peine de fuir la région parisienne : la Bièvre, affluent de rive Gauche de la Seine, passe précisément en dessous de mon lieu de travail. Même en période de fermeture.
Le Plume vous salue bien.
P.S. : cadeaux-primes pour ceux qui trouveront les titres des deux romans concernés.
Et voilà, c'est l'août. Les températures ne sont pas caniculaires, sauf celle du petit bonhomme qui avait une grosse angine avant-hier (mais maintenant ça va). Et quand le temps se met au gris nous explorons notre terrain de jeu trégorois. Vingt minutes vers l'ouest, l'aquarium marin de Trégastel ; quinze minutes à l'est, le bazar à l'accastillage et aux vêtements marins de Trédarzec, face au port de Tréguier.
Aquarium marin de Trégastel, ce matin.
L'aquarium marin de Trégastel, caché sous ses rochers de granit : pas très grand, mais tellement sympa. Grand succès auprès du petit bonhomme en tout cas. Il en avait autant auprès de moi quand j'étais à peine plus grand... Depuis, il a été rénové et agrandi par l'adjonction d'un pavillon d'accueil extérieur avec gift shop, sans être défiguré pour autant - pour une fois. Et aussi : un personnel qui renseigne vraiment, montre les choses, le tout dans la bonne humeur. Dans un musée, en France ! Shocking, presque.
Le Plume vous salue bien.
Francis Poulenc, concerto pour orgue, orchestre à cordes et timbales en sol majeur, par Marie-Claire Alain et le Bamberger Symphoniker (dir. Jean-Jacques Kantorow).
La marée étant coopérative, pas mal de temps sur l'eau ces jours-ci. Du coup, vue imprenable sur les monotypes de la Solitaire du Figaro, qui partiront demain matin. Effet secondaire du beau temps qui règne ici depuis une bonne semaine : ils partiront dans le tout petit temps ; hier, même eux avaient du mal à remplir leurs spis, se hâtant avec une lenteur infinie vers la ligne d'arrivée.
En baie de Perros vendredi après-midi.
Il va sans dire que mon fringuant voilier ne faisait pas mieux. Et c'est avec l'aide d'un vent local bien particulier (Honda 6CV) que nous sommes rentrés au port... Mais du coup, j'avais à bord un petit moussaillon qui a eu tout le temps d'admirer les bateaux, qu'il séparait en deux catégories : ceux qui portaient leur spis (« les ballons ») et ceux qui l'avaient affalé et qui par conséquent « faisaient les tours Eiffel. »