26 mars 2006

Dans ma bibliothèque

Trouvé en fouillant dans ma bibliothèque alors que je cherchais de quoi alimenter ma rubrique cartes sur table, ces quelques phrases, à propos de l'Afrique du Sud :

A côté de ce millllion d'hommes [les Blancs], formant deux populations de même importance numérique, vivent cinq ou six millions de nègres, Bantous intelligents, qui ont appris de visu la force et la faiblesse de leurs dominateurs. Comment l'idée de l'« éthiopianisme », l'Afrique aux races indigènes, ne se développerait pas chez eux ? Ce rêve, né parmis les noirs des Etats-Unis, est insensé pour le moment, mais, sous des formes nouvelles, les générations à venir en entendront certainement parler.
En effet. C'est écrit par le géographe Elisée Reclus en 1905 (L'homme et la terre, tome VI). Aurait-il cru que le processus prendrait moins d'un siècle ? Difficile à dire, s'agissant de Reclus. Il est en tout cas certain que les Européens des années 1900 n'aurait certainement pas prété la moindre attention au fantaisiste qui leur aurait annoncé la fin de l'ère coloniale, qui somme toute sous sa forme moderne débutait tout juste, pour les années 1960.


Le Drotsdy, résidence du XVIIIème siècle de style Cape Dutch à Swellendam, Western Cape.

Sur ces passionnantes spéculations, je vous laisse : faudrait que je fasse un peu de rangement et j'ai un rendez-vous demain matin sur un site lointain de ma chère université.

Le Plume vous salue bien.

2 commentaires:

Dannie a dit…

Elle est superbe, cette maison! En quoi est construit le toit?
Mais sans blague, un géographe qui s'appelle «Élisée Reclus», c'est quand même marrant!

Le Plume a dit…

C'est du chaume, mais le toit n'est pas d'origine, il me semble.

Quant à Reclus, grand bonhomme de la géographie mine de rien, il a surtout été exclu: proscrit après la Commune, il rédige l'essentiel de ses oeuvres en exil.

note à bênet: j'avais donné la date de 1908, qui est la date de publication; j'ai corrigé en 1905, date de la mort de Reclus, ce tome VI étant le dernier de la série, interrompue par sa mort.