26 novembre 2009

Araignée du soir

J'avais raison de soupçonner le Pentax ME Super de me couver quelque chose : s'il restait encore des photos sur la pellicule alors que le compteur avait largement dépassé les 37, c'est que le boîtier s'était amusé à m'en empiler une douzaine au même emplacement. Dans le soucis je suppose de compenser les multiples blancs, où le levier d'armement avait fait avancer le film sans armer l'obturateur... Je récupère 24 photos sur ce rouleau ; c'est mieux que rien.


Araignée sur sa toile un jour pluvieux, Louannec, été 2009.

Dans le tas, quelques macro-photos, en particulier cette araignée sur sa toile, prise avec un soufflet et un vieil objectif à vis (avec un diaphragme à six lames comme on peut le voir sur l'arrière plan). Il faudra que je continue les essais de ce genre, j'aime bien.

À part ça, rien - la fatigue saisonnière de la fin novembre. Je pars quelques jours à Nantes pour un congrès professionnel la semaine procaine ; ce sera l'occasion d'être encore plus fatigué.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax ME Super, film Fuji Pro800Z, objectif Chinon MC 55mm f:1.8 avec soufflet Asahi Pentax Bellows et adaptateur K/M42.

25 novembre 2009

Le jusant et le flux

Je devais aller chercher des photos au labo aujourd'hui ; ça m'est complètement sorti de la tête. Un rouleau sur lequel il devrait y avoir des trucs rigolos, macro et longues focales : c'est une pellicules 800ISO, tout à fait indiquée pour ce genre de facéties. Enfin, si tant est qu'il y ait quelque chose : le boîtier utilisé me cause quelque souci, et le fait que je n'étais pas arrivé au bout de la pellicule bien après la 36e pose ne me rassure guère. On verra demain.

En attendant, une photo de mer, parce que ça fait longtemps, et parce que j'étais en train d'écouter Pêcheur d'Islande de Joseph-Guy Ropartz.


Baie de Perros, 19 août 2009.

Pêcheur d'Islande, c'est une pièce pour orchestre en trois mouvements adaptée d'une musique de scène destinée à une pièce de théâtre tirée du roman de Loti. Ça en fait, des chaînons, mais l'idée est là : il ne s'agit pas de plaisance au soleil mais de campagnes invivables dans des conditions peu clémentes. Le premier mouvement, « mer d'Islande », avec son rythme chaloupé et ses bois grinçants, parle de houle sans vent dans le brouillard, à déconseiller aux victimes du mal de mer.

Les longues campagne de pêche à la morue étaient devenues, aux environs de 1900, un sujet d'émotion pour l'opinion : pas mal d'écrivains avaient décrit le coût humain de cet apport de protéines pour une Europe en pleine croissance. On partait entassés pour une longue traversée, jusqu'aux régions les plus brumeuses qui soient, entre Islande et Groenland. Le bateau restait alors sur la zone de pêche le plus longtemps possible et les hommes embarquaient dans de petits doris pour aller tirer leur lignes, au risque de se perdre dans la brume ou d'être balayés par un coup de vent. Si on revenait au bateau, le plaisir continuait : il fallait préparer le poisson et surtout le saler : il faut imaginer travailler à main nue dans les bailles pleines de saumure - l'idée d'utiliser de l'eau douce pour se laver après étant bien entendu ridicule. Et après, on recommençait. Inutile de dire que le taux de mortalité de ces campagnes était énorme...

Moi, la seule pêche que j'ai pratiquée, c'est celle de maquereau, et encore pas beaucoup.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MX, film Fuji Pro400H, objectif SMC Pentax-M 50mm f:1.4.

Joseph-Guy Ropartz, Pêcheur d'Islande (1891), interprété par l'orchestre de Bretagne dirigé par Kirill Karabits, CD Timpani 2005.

24 novembre 2009

Le fantôme du distributeur

Soit un distributeur de sucreries et autre saletés à relative proximité de mon bureau. Notons que les produits disponibles dans ce distributeurs coûtent tous 80 ou 90 centimes.

Soit maintenant un porte-monnaie moyen. Quelle est la probabilité pour qu'à un moment donné on y trouve les trois pièces en laiton nécessaires pour faire l'appoint ? Pas énorme. Si maintenant un usager a dans son porte monnaie une pièce de un ou deux euros, quelles sont les chances pour qu'il ne cherche même pas à savoir s'il a la ferraille pour faire l'appoint ? Considérables.

Sachant que la société à qui appartient le distributeur passe une fois tous les 36 du mois, quel est la probabilité pour qu'il n'y ait plus la monnaie et que la pièce d'un euro qu'on s'apprêtait à dépenser bêtement, alors que par ailleurs on n'a pas la ferraille nécessaire, eh bien, on puisse la remettre dans sa culotte ? Énorme.

Finalement il n'y a rien de plus agaçant que de ne pouvoir gaspiller ses sous une fois qu'on avait décidé de le faire.


Une expo plus ou moins artistique devant le distributeur, Grands Moulins, mars 2008.

Face à une telle contrariété les avenues qui s'ouvrent au malheureux pèlerin ne sont pas légion : taper un collègue pour avoir la ferraille ; forcer le distributeur ; traverser la cour pour aller au distributeur d'en face où les prix sont plus élevés de dix ou vingt centimes et qui acceptera donc volontiers la pièce d'un euro ; partir en courant et en poussant des cris de bête jusqu'au Monoprix voisin ; retourner travailler en se passant de la dose de sucres rapides et de mauvaise graisse que l'on s'était accordée. C'est généralement l'option que je choisis.

(Ah, et non, bien sûr, le distributeur n'accepte pas les cartes Monéo, alors même que les cartes d'étudiants en font maintenant office et que le distributeur se situe précisément dans des bâtiments universitaires, où la quasi-totalité des passants ont donc sur eux une carte monéo plus ou moins chargée.)

Là. Voilà. Tout le monde s'en fiche, mais ça fait plus de bien que de cogner bêtement sur le distributeur.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MX, film Fuji Acros 100, objectif SMC Pentax-M 50mm f:1.4.

Esa-Pekka Salonen, Five Images after Sappho, 3 : It's no Use, Dawn Upshaw (soprano), 2004.

23 novembre 2009

Feuilles

Je parlais hier des feuilles qui s'accumulent ; s'accumuler, elle le font bien, notamment au bord des chaussées, pour la plus grande joie des utilisateurs de deux-roues.


Boulevard de Strasbourg, dimanche matin.

Après tout, c'est une excuse traditionnelle des chemins de fers britanniques : train delayed because of leaves on tracks. Pourquoi ça ne s'appliquerait pas aux scooters parisien ? D'autant que si l'on n'y prend pas garde, l'accumulation de feuilles détrempées, ça fait une bonne patinoire à roue arrière. Pas aussi bien que le vieux carton ondulé gorgé d'eau, mais pas loin.

Prudence donc sous le crachin. La semaine ne fait que commencer.

Le Plume vous salue bien.

22 novembre 2009

Basarabye

En ce dimanche pluvieux, c'est le moment d'écouter une musique venue d'un monde disparu : le Yiddishland de l'Est de l'Europe - un monde diffus, multiple ; toujours précaire, menacé par l'invention des nationalismes, attaqué par les cosaques du Tzar, brûlé, exterminé par les Nazis et leurs complices. La plupart des survivants on quitté leur terre et leur langue pour une autre histoire et un autre continent.

Ce qui reste de cette culture, où le trouver ? Des bribes sans doute en Europe de l'Est ; ses traces dans les rues de Paris ou de New York ; la mémoire familiale au sein de cette diaspora (pour quelques générations encore !) ; sa marque culturelle aussi, sur la musique, le cinéma, les arts plus généralement.


Synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth, Paris, novembre 2009.

Place de la République, les feuilles de platane s'accumulent aux stations de vélib ; à deux pas de là, la rue Notre-Dame-de-Nazareth est vide. Sur le fronton de la synagogue, la devise républicaine : Liberté, égalité, fraternité. Bien des Juifs venus de Russie, de Pologne ou de Roumanie y on cru, à cette devise ; beaucoup l'ont payé de leur vie.

Voici donc une chanson, mélancolique et entraînante, comme l'est souvent cette musique - un air klezmer des plus connus, Basarabye, dont le titre évoque la province de Bessarabie, à peu près à l'actuelle Moldavie, entre Ukraine et Roumanie.

 

Azoyfil lider hob ikh gehert
Nor ale hobn mir deresn
Nor eyn lid iz mir geblibn
En ekkh ken im nisht fargesn

Tirl, tirl, tirl
Shpilt der pastekh oyf zayn floyer
S'iz dos lid fun Basarabye,
Finem pastekh en fin zayn troyer

J'ai tant entendu de chansons
Et de toutes je me suis lassé
Il n'y en a qu'une qui m'est restée
Celle-là, je ne peux l'oublier

Tireli, tireli, tireli
Joue le pâtre sur son flutiau
C'est le chant de Bessarabie
Du pâtre et de son chagrin

 

Geveyn amol a pastekhl, a kleyner
A kind geveyzn tsvishn kinder
Hot er geposet ba zan totn
Tsign, lemer, shof, en rinder

Hot dus pastekhl, dus kleyne
A kleyn sheyfele farlorn
Oy vey vaulyu vaulyu tit er veynen
Valulyu vaulyu tit er veynen
Vaulyu vaulyu tit er klugn

Il était une fois un pâtre, tout jeune
Un enfant parmi les enfants
De son père il menait paître
Chèvres, moutons, vaches et agneaux

Et donc ce pâtre, ce petit
Avait égaré un agneau
Oh, hélas hélas il pleurait
Hélas hélas il pleurait
Hélas hélas se lamentait

 

Di, mayn sheyne Basarabye
Land fin freyd un land fin troyer
Ven ekh drmon zekh in dayne tuln
Vi ekh veyn un ikh badoyer

Ô ma belle Bessarabie
Pays de joies et de malheurs
Quand je repense à tes vallées
Comme je pleure et me désole

(Texte yiddish par Bella Gottesman, d'après Zemerl - www.zemerl.com, traduction française approximative par votre serviteur d'après le texte anglais de Bella Gottesman.)

Le Plume vous salue bien.

Basarabye (trad. yiddish, Ytzhak Perlmann au violon, eh oui !)

20 novembre 2009

Et donc...

La semaine s'achève ; une bonne partie de ce qui devait être impérativement fait ne l'a pas été ; maintenant, c'est trop tard, ça n'est pas grave, on verra lundi.


Pssage Brady, 17 juin 2008.

Une belle journée ; sandwich dans le jardin public des grands moulins, maintenant qu'il est ouvert : profiter du soleil sur ces immeubles que j'ai vu sortir de terre. L'air frais, c'est bon pour l'appétit ; les étudiants sur le banc voisins qui discutent leurs problèmes dermatologiques, un peu moins, mais on fait avec.

En rentrant hier j'avais eu le temps d'écouter les sonates pour violon et piano de Bartók en buvant une bière fraîche ; aujourd'hui, non, mais je me rattrape en soirée - l'enfant baigné, nourri, dormant profondément. J'écoute du Fauré, ça va bien avec mon humeur du moment.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MX, film Fuji Reala 100, objectif SMC Pentax-M 50mm f:1.7.

Gabriel Fauré, Pavanne pour petit orchestre Op. 50 (1887).

P.S. : Deezer étant de plus en plus agaçant, il faudra un jour que je cherche autre chose...

19 novembre 2009

110 bis

Suite du message d'hier : même genre de pellicule, mais en Fuji.


À la fenêtre, juin 2008.

Sinon, retombé en farfouillant dans les archives sur des photos d'il y a un an. 15 mois moins un an, ça fait trois mois : le petit bonhomme a tellement changé en un an - tout en restant le même.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax Auto 110, film Fujicolor 200, objectif Pentax-110 50mm f:2.8.

18 novembre 2009

110

Tiens, parlons photo pour une fois... Les lecteurs réguliers ont dû remarquer de temps à autre d'étranges photos comme celle-ci :


Rue de l'échiquier, Paris, printemps 2009.

Outre que cette boutique au visage endormi est une représentation assez fidèle de l'état de mon cerveau ce soir, de quoi s'agit-il ? De films au format 110, ces mini-pellicules à photo de vacances qui se vendaient comme des petits pains dans les années 80, avec un corps plastique reliant deux rouleaux, un pour le départ et l'autre pour l'arrivée, et qu'on utilisait surtout dans les appareils du type instamatic.

Pentax avait mis au point de jolis petits boîtiers réflex à objectifs interchangeables qui utilisaient ces pellicules : les Auto 110, répliques miniatures des réflex 24×36. J'en ai un, et même deux, achetés d'occasion (le premier que j'avais acheté était dans un état suspect) ; j'ai les pellicules qui vont avec ; j'ai même trouvé un labo qui les développe.

Le défaut de ces pellicules, c'est que du fait de leur forme les appareils sont obligés de leur faire confiance pour garder le film bien à plat et à la bonne distance de l'optique, ce qu'elles font très mal. Du coup, Pentax a beau s'évertuer, la netteté des photos est toujours douteuse...

Mon style naturel de photos aurait tendance à être plutôt analytique, comme celle d'hier : après tout le monde est fait de plein de détails. Du coup si je mettais les photos tirées de pellicules 110 tel quel, ça ferait bizarre, je trouve.

Ça tombe bien : comme je numérise ces films avec mon scanner à plat, j'ai tout loisir de scanner un peu au delà de la surface réglementaire de l'image - sachant qu'une particularité unique (et pas bien maligne) du format 110, c'est que la pellicule est préexposée avec des cadres marquant l'emplacement de l'image et son numéro sur le film. Et suivant les marques, les cadres sont de couleurs différentes, c'est plutôt marrant : jaune et vert sur les Ferrania Solaris (un des derniers fabricants sui produise ce format), bleu et rouge chez Fuji, vert sur les vieilles pellicules Kodak... Je trouve ça marrant, et ça sépare clairement ces photos de celles réalisées sur un format de pellicule plus raisonnable !

Il y a eu pire, ceci dit. Qui se souvient des Kodak Disk ?

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax Auto 110, film Ferrania Solaris 200, objectif Pentax-110 18mm f:2.8.

17 novembre 2009

Locomotive (symphonique)

On parlait hier de musique à propos de locomotives ou de trains. Il y a une autre possibilité : faire de la musique avec les sons ferroviaires. Il y a par exemple l'étude aux chemins de fer de Pierre Schaeffer (1948) - qui ouvre la voie, si l'on peut dire. Mais aussi un disque sur lequel j'étais tombé par hasard et dont je ne regrette pas l'achat : Locomotive Symphony, du hongrois László Sáry. Un disque de 2002 consacré aux locomotives à vapeur : Sáry est fils de chef de gare et fier de l'être.


Emprises SNCF vues du pont de la rue Riquet, Paris 19e, 31 mai 2008.

Sa matière première cependant est plus ancienne, des enregistrements réalisés par un collectionneur de sons dans tous les dépôts de locomotives à vapeur de Hongrie - le disque comprend la symphonie elle-même, une étude antérieure et une bonne partie du matériau sonore de base.

Le résultat : de la musique, pour de vrai. L'ingénierie du son du XXIe siècle permet beaucoup plus que les bandes magnétiques de Schaeffer, bien sûr ; mais l'outil ne fait pas tout. László Sáry est un compositeur, un vrai, à découvrir au son des pistons et des sifflets.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : je trouve que ce serait plutôt une sonate qu'une symphonie - vif, lent, vif, avec une texture musicale plus proche de la musique de chambre que de l'orchestre symphonique. Mais bon, ça, c'est juste moi.

Boîtier Pentax ME Super, film Fuji Pro400H, objectif SMC Pentax-M 200mm f:4.

László Sáry, Locomotive Symphony, CD Budapest Music Center, 2002.

16 novembre 2009

La danse des locomotives

La locomotive, les trains : depuis 150 ans, une matière première rythmique évidente, à la portée de tous - et notamment des musiciens de métier, grands voyageurs si l'en est. Des poètes aussi : Whitman parle de rythme, de métrique, de pulsation pour sa locomotive en hiver (1876) ; William Carlos Williams, une cinquantaine d'années plus tard, met en scène la danse des locomotives.


Les voies de la gare de l'Est près de la rue Philippe de Girard, Paris 10e, 8 novembre 2009.

En musique, curieusement, les références ferroviaires explicites prennent assez longtemps à apparaître. J'ai tendance à voir du ferroviaire dans le scherzo du premier quatuor avec piano de Fauré (op. 15), qui date de la même époque que le poème de Whitman - mais il se pourrait que je sois le seul à entendre ça, et encore : certain jour j'y entends une promenade à bicyclette.

Tout à fait explicite, par contre (et à peu près contemporain du poème de Williams) : Pacific 231 d'Arthur Honegger (1923), qui se présente non pas comme une imitation mais comme une traduction musicale des impressions visuelles, sonores et physiques de la reine des locomotives à vapeur : la Pacific 231 (deux essieux-guides, trois essieux moteurs, un essieu arrière : 2-3-1).

Il s'agit d'une courte pièce pour orchestre, qualifiée par son auteur de « mouvement symphonique » : si les pièces courtes pour piano étaient depuis longtemps rentrées dans les mœurs, par contre, pour orchestre, on était habitué à des compositions beaucoup plus longues, symphonies ou concertos. N'empêche : c'est sans doute la pièce la plus connue d'Honegger, et de loin. C'est la seule que je connais, d'ailleurs, grâce à Madame Plume qui me l'a fait découvrir.

Si pas mal de compositeurs de cette époque faisaient dans la musique de scène (cf. Poulenc ou Ropartz, dont je recauserai), destinée à accompagner des pièces de théâtre, Pacific 231 a son origine dans une nouvelle sorte de musique d'accompagnement, vouée à un bel avenir : la musique de film. Honegger avait en effet composé la musique de La Roue d'Abel Gance ; et comme il n'y avait guère de marché de la B.O.F. à l'époque, il l'a retravaillé pour en faire une pièce de concert - ce fameux mouvement symphonique.

Parti du film, Pacific 231 revient au film : je parlais à mon cher père de ce morceau et il m'a parlé d'un film réalisé comme mise en image du morceau, qu'il avait vu alors qu'il était étudiant à Caen dans les années d'après-guerre. Ce film, je l'ai retrouvé grâce aux moteurs de recherche habituels : il est de Jean Mitry, date de 1949 ; ni vidéo-clip, ni documentaire, c'est tout à fait remarquable.

Le Plume vous salue bien.

Références :

- Walt Whitman, « To a Locomotive in Winter », Leaves of Grass (p.471 de l'édition critique Norton).

- William Carlos Williams, « Overture to a Dance of Locomotives », Sour Grapes (1921) (Collected Poems, vol. 1, Londres, Paladin, p. 146).

Musique du jour, devinez quoi : Arthur Honegger, Pacific 231 : ci dessous la vidéo (avec texte en anglais) du court-métrage de Mitry et, pour compenser la médiocre qualité de la bande son du film, une interprétation par le Philarmonique d'Oslo dirigé par l'excellent Mariss Jansons.

15 novembre 2009

Un dimanche pataugeoire

Fatigue, fatigue, fatigue. Rhume aussi. Tout ça.


Saint-Eustache, Paris, un dimanche de printemps.

À part ça, ça va.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Asahi Pentax Auto 110, film Ferrania Solaris 200 (format 110).

14 novembre 2009

Halophile

Le vent souffle sur la ville, secouant sérieusement nos lauriers, romarins,oliviers, etc. Les plantes du cordon littoral sont généralement mieux adaptées à ce genre de traitement.


Plougrescant, pointe du château, août 2009.

Entre les roselières abritées des fonds de baie et la roche à nu des pointes les plus exposées, le jour et la nuit, à quelques kilomètres de distances. Le littoral est fait de ces oppositions.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MX, film Fuji Pro400H, objectif SMC Pentax-M 135mm f:3.5.

Germaine Tailleferre, Bretagne, Cristina Ariagno (piano), CD Brillant, 2001.

12 novembre 2009

Salicornes

Parmi les disques que j'ai reçu récemment, deux compositeurs bretons du début du XXe siècle : Joseph-Guy Ropartz et Jean Cras, l'un Guingampais, l'autre Brestois.

Je connaissais d'avantage Jean Cras pour la « règle-raporteur de l'amiral Jean Cras » (dans toutes les bonnes tables à cartes) mais à l'époque où il composait il n'était pas encore amiral quoique déjà officier de Marine. Sa musique n'est sans doute pas diablement innovante au regard de son époque : en gros, il est dans la droite ligne de Gabriel Fauré - on fait pire, comme lignage.


Anse de Pellinec, Penvénan, août 2009.

Je ne suis pas certain que la musique de Cras soit plus bretonne qu'une autre - maritime, sûrement ; ce n'est quand même pas la même chose. Mais je ne vois pas pourquoi ça m'empêcherait de vous proposer une photo du jour bretonne comme tout, périphériquement maritime (pieds dans l'eau garantis à marée haute), et carrément en biais.

Au premier plan, un pied de salicorne. Il y en avait plein d'autre ; j'en ai juste croqué quelques, pour goûter.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MX, film Fuji Pro400H, objectif SMC Pentax-M 50mm f:1.4.

Jean Cras, sonate pour violoncelle et piano, Aleksandr Khramouchin (vlc) et Alain Jacquon (pn), CD Timpani, 2008.

11 novembre 2009

Férié

Rien de tel qu'une journée de repos pour se rendre compte que l'on est fatigué.


Un mur parisien, septembre 2009.

Comme par ailleurs les jours qui viennent n'auront pas grand chose à voir avec le repos, je ferais mieux d'aller me coucher.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MZ-5n, film Fuji Acros 100.

10 novembre 2009

À la vitesse de la poste

Une jolie expression anglaise, venue des temps anciens : post haste : aussi vite que la poste. Dans le contexte d'alors, parfaitement logique : les diligences royales, qui transportaient notamment la correspondance officielle, étaient le plus rapide des moyens de transports terrestres. Notons au passage que si, partout, les services postaux étaient des services de l'État, c'est qu'il était vital pour ces États en cours de consolidation de connaître de la situation du pays et de diriger promptement ses exécutants - un système nerveux, au fond.

Aujourd'hui, bien sûr, cette fonction est largement remplie par d'autres moyens de communications (dont le courrier électronique, si aisément falsifiable que les décolleurs d'enveloppe de jadis passeraient pour de laborieux tâcherons) ; inversement, on dispose d'avion et de trains à grande vitesse pour accélérer le mouvement...


Boulevard Poniatowski, 21 juillet 2008.

Pourquoi ce propos ? Eh bien, vous souvenez-vous de ces disques que j'avais commandé et que je n'avais jamais reçus ? Eh bien : il ne faut jamais dire jamais ; je les ai reçus aujourd'hui. Ils ont donc mis un mois et quatre jours pour aller du faubourg du Temple au faubourg Saint-Denis, une distance qui, à pied, se parcourt en une vingtaine de minute sans presser le pas. J'ai fait le calcul : en prenant en compte la distance à vol d'oiseau, on obtient la vitesse fabuleuse d'1,62 mètre par heure. Les fourgons tracté par escargots, ça c'est écolo !

Satisfaction en tout cas : en plus du John Corigliano que j'avais fini par recevoir, me voilà donc heureux détenteur d'œuvres de Jean Cras, Jean-Guy Ropartz et Lázló Sáry (la Symphonie pour locomotive, ça, j'y tenais). Je vous en reparlerai.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MX, film Fuji Pro400H, objectif SMC Pentax M 50mm f:1.7.

Franz Schubert, Winterreise, XIII : « Die Post ».

09 novembre 2009

Mur-mur

Passage obligé du jour : la chute du mur. Pas d'un mur, du mur. J'apprécie la force du symbole, bien entendu, mais tout de même, c'est loin d'être le moment unique, et peut-être pas le moment central de des évènements de l'été-automne 1989. Mais bon, symboliquement, c'est entendu : c'est une rupture, un changement de période, etc. Du coup, d'ailleurs, tout le monde y était, comme bien on sait !

Je ne suis pas un adepte des commémorations en tout genre, de toute façon ; par contre, si ça peut être l'occasion de réfléchir et de prendre du recul, pourquoi pas. À ce propos je vous renvoie à toute une série de billets sur un blog ami qui précisément ont le mérite de remettre les choses en perspective.

En revenant en arrière dans cette série, on est frappé par l'importance des évènements qui se déroulent dès le printemps, non pas en RDA, mais en Pologne et, peut-être surtout, en Hongrie : Budapest avait en effet eu en 1956 la primeur de l'intervention directe (et sanglante) de l'armée russe dans un « pays frère ». Que le parti communiste hongrois décide de réhabiliter Imre Nagy, le premier ministre chassé en 1956 (et emprisonné, et exécuté après un procès sommaire), c'était considérable : ni plus ni moins qu'une déclaration d'indépendance.


Le tribunal militaire de Budapest, 30 juillet 2009.
La place située juste après s'appelle maintenant place Imre Nagy. La station Shell qui s'y trouve n'est pas d'époque.

Le détricotage commence là : le couvercle se soulève, et l'URSS ne semble pas faire mine de vouloir le refermer. Pour des raisons de politique intérieure, ont le sait maintenant : pour Gorbatchev, envoyer l'armée à Budapest ou à Varsovie, c'était laisser la main aux « durs » de l'armée et du KGB, ses opposants les plus farouches. S'il leur donnait le pouvoir là bas, tôt ou tard ils le prendraient à Moscou : au mieux sa fin politique, plus probablement sa fin tout court.

Du coup, à l'automne 1989, l'édifice du pacte de Varsovie est en ruine. La RDA fait figure de dernier morceau ; ce n'était pas une lointaine périphérie du Pacte, mais au contraire un cœur intellectuel, scientifique et technique pour le bloc soviétique - avec des habitants économiquement mieux lotis que tous leurs voisins de l'Est, pour ne pas parler des ressortissants de l'URSS. Seulement voilà : l'attrait de l'autre Allemagne est tel que l'on ne peut conserver en état de marche le pays qu'en interdisant aux habitants de le quitter. Du coup, dès lors que les voisins du pacte s'ouvrent, tout (et tout le monde) fiche le camp : je me souviens très bien d'un dessin de Plantu (j'achetais de temps en temps Le Monde à l'époque, chez un buraliste de Pessac, voisin de ma cabane d'étudiant) où l'on voyait un garde-frontière seul dans un mirador dont s'éloignent des pas : si ça continue, dit-il en croyant s'adresser à son camarade, il ne restera plus que nous deux.

La chute du mur, c'est donc ça : le résultat d'un processus par lequel une construction qui ne tenait que par la force, contre les tropismes géopolitiques et économiques, s'effrite dès lors précisément que la force se relâche ou ne peut s'exprimer. Et dans la joie et la bonne humeur des célébrations, n'oublions pas que cet effritement, c'est aussi les massacres de l'ex-Yougoslavie (la dérive nationaliste de la Serbie de Milosevic avait commencé depuis plusieurs années déjà), les guerres du Caucase qui font suite à l'éclatement de l'URSS, la ruine de l'économie russe suivie du retour au pouvoir de ceux précisément que craignait Gorbatchev... Célébrons si l'on veut, mais lucidement.

Le Plume vous salue bien.

P.S. : chez nous aussi, il y a de chouettes murs, cf. celui-ci !

Boîtier Pentax K1000, film Fuji Pro400H, objectif SMC Pentax-M 35mm f:2.8.

Béla Bartók, sonate pour violon et piano n°1 Sz117, 3 : allegro.

08 novembre 2009

Manège

Nos week-ends il faut bien le dire tournent autour d'un petit bonhomme, qui le vaut bien cela va de soi. Les jours de semaine, il est vrai, nous ne le voyons que matin et soir ; ça ne fait pas tant que ça. Jeux, promenade : en fait, je ne vois pas ce qu'on pourrait faire de mieux ; tant pis si d'autres occupations possibles passent à l'as.

Avoir un enfant change l'emploi du temps : un scoop, n'est il pas, j'entends d'ici ricaner ceux qui en ont trois ou quatre. Mais le temps de toute façon n'est plus le même : on est embarqué pour de bon dans le grand manège des générations, celui qui fait qu'après notre temps il y en aura d'autres, et d'autres, et d'autres... La mortalité est plutôt rigolote vue de ce point de vue.


Forum des halles, 24 mai 2009.

Bon. Une de mes occupations prévues pour ce week-end, c'était de ranger mon bureau. Surprise : c'est loupé. Tant pis.

Le Plume vous salue bien.

boîtier Asahi Pentax Auto-110, film Ferrania Solaris 200, objectif Pentax-110 70mm f:2.8.

Heitor Villa-Lobos (1887-1959), Prole do bebê n°1, VII : Polichinelo (Nelson Freire, piano).

07 novembre 2009

Dans les panneaux

Promenade aujourd'hui entre chien et loup, entre canal Saint-Martin et boulevard de Strasbourg aussi. Quelques panneaux ont eu une fin de semaine un peu rude semble-t-il ; du coup, ils n'indiquent plus grand chose.


Boulevard Magenta, près de la rue des vinaigriers, en fin d'après-midi.

Mais je connais le chemin ; la poussette fut poussée ; le font de l'air fut frais ; la nuit est tombée. En redescendant le faubourg Saint-Martin, cap sur un nuage gris-bleu au dessus de la porte illuminée (Saint-Martin). Derrière lui un ciel bleu-gris, quelques reflets verts, façon nuit américaine - les soirées parisiennes de novembre ont une palette bien à elles.

De la musique aussi aujourd'hui, mais ça n'irait pas avec la photo du jour. Et des rires d'enfant, beaucoup - ça, ça va avec tout.

Le Plume vous salue bien.

06 novembre 2009

Courlis cendré

Pour finir la semaine : même lieu, presque même heure que la photo de dimanche dernier, sauf qu'en prime il y a un courlis au milieu des goélands.


Pointe de Landrellec, Pleumeur-Bodou, 20 août 2009.

Ça tombe bien, j'aime bien les courlis moi.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MX, film Fuji Pro400H, objectif 135mm f:3.5.

Paris Combo, « Terrien d'eau douce », album Living room (2000).

04 novembre 2009

Boutiques obscures

Toutes photos maritimes mises à part c'est dans la ville que je vais et viens. Dans une brume plus ou moins, souvent - il bruine sur la ville et l'on fonce en mal voyant.


Marché du carreau du Temple, rue Eugène Spuller, Paris 3e, printemps 2009.

D'autres choses qu'on voit mal : des gouffres de finance qui s'approfondissent ; le temps qui avance ; les lendemains chantent-ils ? Les jours sont des boutiques obscures, surtout en novembre.

Je ne suis pas entièrement certain que lire des poètes modernistes encourage une grande clarté de style. On fera mieux demain.

Le Plume vous salue bien.

Mini-boîtier Asahi Pentax Auto-110, film Ferrania Solaris 200 (format 110), objectif Pentax-110 50mm f:2.8.

03 novembre 2009

Cette fleur verte

Le titre de la note d'aujourd'hui est empruntée à un poème de William Carlos Williams : Asphodel, This Greeny Flower. C'est un poème d'amour et ça tombe bien, de l'amour, il y en a. J'avais aussi des fleurs vertes en stock, mais pas des asphodèles, qui à ma connaissance sont jaunes ou blanches - mais je suis très ignare en fleurs, connaissant mieux les oiseaux de mer.

Ma fleur verte à moi s'en rapproche un peu d'ailleurs - une plante de mer, du littoral pour être honnête ; les botanistes disent végétation halophile, ce qui se pose un peu là dans les conversations. Photographiée le dos à la mer et au granit du phare de Mean Ruz : imaginer le bruit des vagues sur les rochers, etc.


Criste marine à Ploumanac'h, 23 juillet 2009.

Mais revenons au commencement : pourquoi lisais-je donc la poésie du Dr Williams, si ce n'est parce qu'il se trouve qu'on en trouve pas mal sur les étagères familiales ? C'est la faute d'un musicien, voilà ce que c'est.

Le compositeur américain Steve Reich a commis en 1984 un œuvre dénommée The Desert Music dont je vous avais déjà parlé ; le titre est tiré d'un recueil de William Carlos Williams, The Desert Music and other poems (1954) : nous y voilà.

C'est d'avantage que le titre qui est tiré de Williams : l'œuvre comporte une partie vocale, dont les paroles, quant il y en a, sont issues du recueil en question (ou presque puisqu'Asphodel, that Greeny Flower n'y est pas, ou y est partiellement). Mais :

  • le poème intitulé The Desert Music, à propos d'un voyage à El Paso (Texas) et sa voisine Ciudad Juarez (Mexique), n'est pas utilisé pour la partie chantée ;
  • un paragraphe de prose, chanté dans le mouvement central, est sans doute lui-même une citation (plus ou moins reconstruite) du philosophe, logicien et pacifiste Bertrand Russell ;
  • par contre je me demande si la structure elle-même de l'œuvre (« en forme d'arche » d'après Reich), en mouvements séparés par des montées ou descentes de tempo, n'a pas quelque chose à voir avec le poème éponyme.

Et donc je lisais. Et relisais. Et écoutais. Etc.

I am that he whose brains

are scattered

aimlessly*

Le Plume vous salue bien.

*William Carlos Williams, « The Desert Music », Picture from Brueghel and other poems, New Direction Paperback, 1962, p.118 (cf. aussi une édition avec appareil critique : Collected Poems, volume II, 1939-1962, éd. Christopher MacGowan, Paladin, 1991).

Boîtier Pentax K1000, film Fuji Pro400H, objectif SMC Pentax-M 50mm f:1.4, bonnette Hoya close-up +2.

Steve Reich, The Desert Music, 5ème mouvement (rapide).

02 novembre 2009

Pas de porte

Comme vous ne vous êtes pas assez ébaudis sur la photo d'hier, je vous infligerai un de ces jours sa petite sœur - mais aujourd'hui, pour reposer l'œil, un coin ombragé d'un jardin public, pas bien loin de là ; la sortie nord des jardins du palais de justice à Lannion.


Lannion, août 2009.

Cette partie du jardin m'était assez peu familière dans ce sens là - car dévalant la pente depuis la rue Joseph Morand je l'ai traversée souvent, haut comme trois pommes, en rentrant de l'école primaire voisine. J'allais contempler le chêne vert tout en bas du jardin puis marcher le long du Léguer, pas encore déguisé en stade d'eau vive.

C'était la séquence « nostalgie du lundi », merci de nous avoir suivi !

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax K1000, film Ilford HP5+, objectif SMC Pentax-M 50mm f:1.4.

Béla Bartók, Concerto pour orchestre, 4. Intermezzo Interrotto.

01 novembre 2009

Ce qu'a vu le vent d'ouest

Qu'a-t-il vu, ce vent qui vient taper à nos fenêtres en ce dimanche d'automne ?


Pointe de Landrellec, Pleumeur-Bodou, 20 août 2009.

Réponse improvisée, en roue libre et en plein vent : il a vu

Les digues de Horta que décorent les marins à l'escale
Les brumes du banc de Terre-Neuve
Les voleuses de sable du Cap-vert ou les gazons d'Islande
Des poissons-lunes et des requins-baleines
Des pétrels fulmars et des océanites tempête
Un bateau ivre et ses cohortes
Un pianiste en kimono de soie dans une villa de Sainte-Addresse
Des trains bleu-gris lancés à pleine vitesse
Des petits pots de myrtille et des jouets de couleur, derrière des vitres doubles où la pluie tape.

C'est dimanche ; on reste au chaud ; l'esprit peut aller se promener.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MX, film Fuji Pro400H, objectif 135mm f:3.5.

Claude Debussy, Préludes, livre 1, n°7 : ce qu'a vu le vent d'ouest (composé vers 1910).

31 octobre 2009

En suspens

Paris parfois me semble une ville en suspension, comme le château suspendu de Philémon - suspendu à quoi ? On ne sait pas. À moins qu'il s'agisse de l'une des cités imaginaires aux noms de femmes d'Italo Calvino.


Le pont de la rue de l'Aqueduc, Paris 10e, janvier 2007.

Peut-être tout simplement parce que les changement brutaux d'atmosphère, d'une rue à l'autre, ne font pas vrais. Ou parce que j'ai pris l'habitude de la regarder de biais, cette ville ; de voir plutôt les vides que les pleins.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MZ-10, film Fuji Superia 200.

30 octobre 2009

Recherche (ce qui reste)

À Jussieu ce matin pour démêler des problèmes d'accès réseau liés non pas à la rénovation du campus elle-même, mais au vidage progressif des zones à rénover. Et comme l'ancien réseau informatique avait été fait par petit bout, labo par labo, il peut arriver qu'en vidant un bout de bâtiment on coupe l'accès réseau à des gens d'un bâtiment voisin qui se trouvaient être raccordés là...


Un laboratoire de chimie désaffecté, Jussieu, tour 53-54, septembre 2009.

Du coup on trouve dans ces bâtiments de beaux exemples de la situation de la recherche dans l'université française. Genre, des bureaux privés de chauffage, du coup on fournit des radiateurs électriques ; ça tombe bien, la plupart des prises de courant sont hors service.

La prétendue autonomie des universités ne va rien arranger : quelques équipes de recherche bien en cours auront plus (surtout si ça peut rapporter des contrats), les autres, encore moins. Youpi !

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax K1000, film Ilford HP5+, objectif SMC Pemtax-M 50mm f:1.4.

29 octobre 2009

Cirque

Après une journée à la course, et comme les journées comme ça sont un sacré cirque, un résumé en images...


Argenteuil, décembre 2007.

Plus de parlotte demain si je suis d'attaque !

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax ME Super, film Fuji Reala 100, objectif SMC Pentax-M 50mm f:1.4.

Francis Poulenc, Le bestiaire, ou cortège d'Orphée, sur des poèmes de Guillaume Apollinaire, I : le dromadaire.

28 octobre 2009

Après l'Empire

L'empire austro-hongrois s'effondre dans un bruit de ferraille en 1918 ; il n'était pas bien vivant de toute façon depuis les premières années du XXe siècle. C'est pendant ce processus, puis dans l'écho de cette chute, que travaille Belá Bartók, hongrois et fier de l'être - et par conséquent pas austro du tout.


Palais royal de Budapest, 30 juillet 2009.

La tension principale, dans l'empire austro-hongrois, c'est celle qui oppose les Allemands (d'Autriche) et les autres - les Hongrois étant des autres par excellence, même si la double monarchie mise en place après 1848 leur a permis de se faire détester des Slovaques et Roumains inclus dans leur demi-empire. Et dans le monde de la musique, les Allemands prennent toute la place : comment faire de la musique « classique » après Brahms, surtout quand on ne veux vraiment pas faire du Wagner...

Du coup Bartók fait autre chose, empruntant à la musique traditionnelle hongroise (la vraie, pas la version qu'on en connaissait au terrasses de café viennoises) ou à ses voisines les structures qu'il ne veut pas prendre aux manuels de composition germaniques. Ça en fait un compositeur inclassable, à la musique pourtant très caractéristique : parfois, on tombe sur une musique à la radio ou à la télé et on se dit : tiens, du Bartók, et on se trompe rarement.

J'aime beaucoup la sonate pour deux pianos et percussions, le caractère facilement un peu fou des pièces pour deux pianos associés à une fabuleuse richesse de percussions. Le premier mouvement est caractéristique des compositions de Bartók, à la fois fondamentalement cohérent et apparemment décousu, parce que loin du discursif ou de la démonstration.

À part ça : tout va bien, tout va mieux.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MX, film Fuji pro400H.

Belá Bartók, sonate pour deux pianos et percussions Sz.110, interprété par Jean-François Heisser et Georges Pludermacher aux pianos, Guy-Joël Cipriani et Gérard Perotin aux percussions.

27 octobre 2009

...

Puisque je vous avais raconté mes déboires de disques commandés et pas arrivés ; je me dois donc de partager l'épilogue : Abeilles Records m'a offert un disque en guise de lot de consolation un double CD, plutôt bien choisi au regard de mes achats antérieurs : des œuvres pour piano (et piano et violon) de Germaine Tailleferre, qui avec Poulenc, Milhaud, Honegger, Auric et Durey formaient ce qu'on a appelé la bande des six : un groupe de musiciens français du début du XXe siècle qui cherchaient comment faire de la musique à l'époque du jazz, de la TSF ; après le sacre du printemps et la chevauchée des Walkyries...


Lannion, août 2009.

Par rapport à Poulenc et Milhaud, je trouve moins d'exubérance chez Tailleferre mais plus de mélancolie, surtout dans les œuvres pour piano. C'est de saison, non ?

À part ça, on fait aller, fatigue et gastro infantile mis à part...

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax K1000, film Ilford HP5+, objectif SMC Pentax-M 135mm f:3.5.

Germaine Tailleferre, Hommage à Debussy, 1920 (Christina Ariagno, piano).

25 octobre 2009

Une prière musicale

Une prière est une pièce pour violon et orchestre (pour ne pas dire un concerto) de Nicolas Bacri, composée initialement pour alto dans les années 1990. Sa version pour violon, jouée par Laurent Korcia, est sortie sur CD en 2004. Elle est dédiée aux martys juifs de tous les temps.


Le jardin du souvenir de la grande synagogue de la rue Dohány, Budapest, juillet 2009.

J'avais découvert Nicolas Bacri par les interventions qu'il faisait sur le thème « musique et informatique » à l'époque où j'étudiais l'informatique, interventions qu'à mon grand regret rétrospectif je n'avais pas suivies. J'avais découvert Laurent Korcia par ses excellents enregistrements des sonates pour violon seul d'Ysaÿe, que m'avais prêté un lecteur et néanmoins ami. Le résultat de leur travail commun : du beau.

On peut regretter que la version française des notes inclues avec le CD soit un charabia à peine compréhensible, sans doute parce que (mal) traduites de l'allemand. Par ailleurs, il n'y a que cette unique composition sur le disque, ce qui fait court au regard des habitudes. D'un autre côté, faire cohabiter une production nouvelle avec des pièces plus anciennes, ça n'est pas toujours génial : c'est le cas des Gazebo Dances sur le disque de John Corigliano dont je parlais l'autre jour (Circus Maximus dure 35 minutes) - et franchement, ça ne fonctionne pas très bien. Va donc pour un disque court, pour cette fois !

La musique : elle est belle et grave.

Le Plume vous salue bien.

Nicolas Bacri, une prière pour violon et orchestre (2004).

24 octobre 2009

Une journée (d'études)

Ce matin je préparais mon intervention de cet après-midi en me torturant les méninges et en écoutant le concerto pour deux pianos et percussions de Bartók. Ce soir j'écoutais Bacri en regardant mon fils jouer.

Entre les deux : ça a été, plutôt bien même.


Moule pour décor de cloche (XVIIe siècle), Valenciennes, 14 octibre 2009.

Et maintenant : du sommeil à rattraper, ça oui.

Le Plume vous salue bien.

23 octobre 2009

Dernière mission impossible

Demain se termine un enchaînement de cours et autres séminaires qui, s'ajoutant à une rentrée un peu dure du point de vue du travail, a fini par me faire douter de la possibilité qu'il y avait à maintenir deux activités à temps plein en plus d'une vie de famille. Cette question n'est pas réglée à ce jour.

Ce qui n'est pas réglé non plus, c'est mon intervention au séminaire de demain, que j'étais par ailleurs chargé d'organiser. J'ai réussi il y a quelques jours, grâce à un petit coup de pouce, à dénicher l'intervenant qui manquait pour boucler le programme mais, pour autant, je ne pouvais m'épargner de m'y coller moi même ; sur mes fonderies de canon, comme d'habitude. Il ne me reste plus qu'à préparer cette communication. Et bien entendu je me rends compte maintenant que je suis loin d'avoir toutes les données dont j'aurais eu besoin...


Valenciennes, Salle-le-Comte, 14 octobre 2009 :
à cet emplacement, autrefois, une fonderie.

À part ça, reçu un peu de musique :

  • Béla Bartók, sonate pour deux pianos et percussion et suite pour deux pianos (1937) ;
  • Steve Reich, Desert Music, sur des textes de William Carlos Williams (1985) ;
  • Nicolas Bacri, une prière pour violon et orchestre (2004).

Je reparlerai de tout ça. Quand je serais débarrassé de ce séminaire par exemple.

Le Plume vous salue bien.

22 octobre 2009

Grand cirque

Musique toujours : j'ai finalement reçu ce qui a survécu de ma commande d'il y a deux semaines, à savoir une composition de l'américain John Corigliano (Jr) intitulée Circus Maximus (symphony n°3 for large wind ensemble), dont on dira pour simplifier que ça pète bien, comme on dit. D'ailleurs je reproduis à la fin de cette entrée la liste des instrumentistes donnée par le compositeur (accompagnée d'un schéma de placement : c'est un peu compliqué) ; je vous encourage à la lire jusqu'à la note de bas de page, qui concerne d'ailleurs la dernière (ou l'avant-dernière) note de la symphonie.

L'idée générale : parler du vacarme ambiant, de la surenchère de divertissements télévisuels, culminant par des émissions de télé-réalité où les déboires réels d'êtres humains sont par eux-mêmes le divertissement - le parallèle avec les jeux du jusqu'à 300.000 spectateurs au circus maximus coule pratiquement de source. Comme disait l'autre, pour le panem, je ne sais pas, mais pour les circenses ils vont être servis.


Un petit cirque (pour l'entraînement ?) juste à côté du circus maximus, Rome, février 2001.

Après première écoute, d'ailleurs, Circus Maximus n'est pas tant une œuvre sur les excès des circenses justement, mais sur l'irruption de ces excès : c'est particulièrement net dans la troisième partie (il y en a huit), intitulée Channel surfing (on dirait zapping en français), fait de séquences brutales qui viennent s'imposer sur un fond d'échanges mélodieux.

Je m'arrête, le baratin pompeux sur la musique m'énerve quand c'est à la radio, donc je ne vais pas m'y mettre !

Ci-dessous, la liste des musiciens, traduite par mes soins :

Musiciens sur scène
4 flûtes (1 et 2 également picolo)
4 hautbois (1 également cor anglais)
3 clarinettes en si bémol
2 clarinettes basses
1 clarinette contrebasse
3 bassons
contrebasson
4 trompettes en si bémol (1 & 2 également trompettes en ré)
4 cors en fa
4 trombones
2 euphoniums
2 tubas
piano
harpe
timpani
percussions *(4 - 5 musiciens)

Musiciens dans la salle
1 clarinette en si bémol
4 saxophones (2 alto, 1 ténor, 1 baryton)
11 trompettes en si bémol (7 ou 9 minimum)
2 cors en fa
3 percussions
cordes graves

Fanfare
picolo/flûte
2 trompettes en si bémol (trompettes 5 et 7 de la salle)
2 trombones
percussion (percussion 2 de la salle)

* Note : un fusil calibre 12 est nécessaire. Il doit tirer une pleine charge/poudre noire « popper » de chez Winchester. La poudre sans fumée est un substitut acceptable mais la poudre noire fait plus de bruit et produit une plus grande flamme à la sortie du canon. Pour des raisons de sécurité/d'assurance, il pourra être nécessaire d'employer un pyrotechnicien agréé pour tirer au fusil plutôt que d'en charger un percussionniste.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MZ-10.

John Corigliano, Circus Maximus (symphony n°3 for large wind ensemble), The University of Texas Wind Ensemble (dir. Jerry Junkin), Naxos American Classics, 2009.

Pas trouvé de version écoutable en ligne ; à défaut, on peut toujours écouter des échantillons sur Qobuz ou Amazon...

21 octobre 2009

Musiques

Je devrais continuer à évoquer les musiques des XXe et XXIe siècles sur ces pages, vu que je continue de les explorer. Il faut dire, c'est plutôt vaste comme définition. Du groupe des six au trip hop en passant par la musique concrète et le minimalisme, faut voir, faut voir...

Le minimalisme justement : on écoutait bien Phil Glass en France dans les années 70, mais comme une version un peu poussée du rock progressif à la Tangerine Dream. On y revient, dirait-on ; j'aurai l'occasion d'en reparler (et de John Adams, et de Steve Reich ; surtout lui, sans doute).


La Villette, cité de la Musique, 22 mai 2009.

J'avoue que je ne suis pas franchement attiré par les grands noms de la musique dite « savante :» (par opposition je suppose à la musique ignorante) dans les années 50 à 70, les Boulez, Xenakis, Varèse... Quant à Messiaen, pratiquement le compositeur officiel de l'époque, j'en fais une consommation modérée. Par contre j'aime bien découvrir des compositions un peu déjantées, au hasard des trouvailles sur internet par exemple, ou de vagues souvenirs glanés de-ci, de-là.

Par contre je suis toujours fâché que la Poste m'ait perdu mon hongrois fou qui enregistrait des locomotives à vapeur.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax ME Super, film Fuji Pro160S, objectif SMC Pentax-M 50mm f:1.7.

Anders Nilsson, Ariel pour hautbois et orchestre, première partie (1986).

20 octobre 2009

Ne vois-tu rien venir ?

Alors, pour les disques que j'avais commandé chez Abeille Records il y a quinze jours, ça va être dur : non seulement le colis s'est perdu, mais en plus ils sont en rupture de stock sur trois des quatre CD... Ils m'ont remboursé, mais c'est agaçant. En plus le hongrois fou qui enregistrait des locomotives à vapeur, je vais le trouver où ?


Place du colonel Fabien, 19 septembre 2009.

Vengeance : j'ai commandé des CD chez Amazon. Na.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax K1000, film Ilford HP5+, objectif SMC Pentax-M 135mm f:3.5.

Portishead, « Cowboys », album Portishead.

19 octobre 2009

Flou

Il est des jours que seule une photo ratée, floue, bougée, peut pertinemment illustrer. Aujourd'hui est un jour comme ça. Ça tombe bien : des photos floues, j'en ai. Et de la musique qui va avec, ça peut se trouver.


Bouton de fleur, printemps 2009.

Pour la netteté, on verra demain, s'il en reste.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MZ-5n, film Fuji Pro800Z, extension macro Asahi Pentax K n°2, adaptateur Pentax K/M42, soufflet Asahi Pentax Bellows, objectif Chinon 55mm f:1.8.

Philip Glass, « Koyaanisqatsi », extrait de la bande originale du film Koyaanisqatsi (1983).

18 octobre 2009

Boulet

Il faisait beau aujourd'hui, je crois - mais je n'ai pratiquement pas mis le nez dehors. Un vrai boulet.


Stock de boulets retrouvé à Valenciennes, 14 octobre 2009.

Reposé ? Oui, je me suis un peu reposé, juste assez pour me rendre compte de la fatigue. J'ai même profité de ce qu'Albert était en vadrouille avec sa maman pour prendre un bain - je ne me rappelais même plus à quoi ça ressemblait.

Et puis : l'inconvénient des gros romans, c'est qu'on a tendance à les lire en diagonale pour en venir à bout ; l'inconvénient des romans courts, c'est qu'ils sont vite fini. À peine entamé, 1933 was a bad year de John Fante (une grosse nouvelle plus qu'un roman, pour dire vrai) est déjà terminé. Avant même que je prenne mon bain, c'est dire.

Le Plume vous salue bien.

17 octobre 2009

De nouveau

De nouveau dans une situation impossible, de cours à préparer sans avoir matériellement le temps de préparer et en étant trop fatigué pour le faire de toute façon ; le cours avait lieu ce matin ; c'est donc chose faite.

La prochaine mission impossible est pour samedi prochain : ça laisse de la marge.


Lannion, le léguer à marée haute, quai d'Aiguillon, 21 août 2009.

Et cependant j'ai fini le roman que je lisais, Wolf Solent de John Cowper Powys. La dernière phrase : Well, I shall I have a cup of tea. Oui, c'est un roman anglais - et, sans doute pour cette raison, un roman de folie furieuse, mais rentrée et silencieuse. Un pavé, aussi, avec pléthore de personnages tous plus improbables les uns que les autres ; j'en recompte 27 en me contentant de ceux qui sont nommément désignés, et j'en oublie surement. Pour enchaîner, peut-être un roman court ; 1933 was a bad year de John Fante m'a sauté aux yeux depuis le coin de nos rayonnages, ce pourrait donc être la prochaine victime.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax K1000, film Ilford HP5+, objectif SMC Pentax-M 50mm f:1.4.

15 octobre 2009

Armure

La raison de mon petit déplacement d'hier : discuter de fouilles archéologiques, en plein centre-ville, où ont été retrouvé des reste de four métallurgique ainsi que quelques pièces d'armures...


Service archéologique municipal, Valenciennes, 14 octobre 2009.

Quelques : il y en a des rayonnages entiers, de quoi équiper des centaines de soldats ; plus quelques mètres cubes de boulets de canon, etc. Le tout dans ce qui était jusqu'alors un petit jardin entre un hôpital et des ateliers municipaux... Il y en a des choses, dans le sol de nos villes.

Pourquoi tout ces stocks, et pourquoi là ? Allez savoir. Peut-être au moment d'un des sièges de la ville par l'ennemi héréditaire d'alors : le roi de France - Valenciennes, comme tout le comté du Hainaut, faisait partie des Pays-Bas espagnols. L'ennemi a gagné, d'ailleurs, toutes les cartes administratives de la France vous le confirmeront. C'était bien la peine d'acheter autant d'armures.

Le Plume vous salue bien.

Paul Dukas, L'apprenti-sorcier, poème symphonique.

14 octobre 2009

Nord Pas-de-Calais

Une petite pensée pour les lecteurs qui se tapent des centaines de kilomètres de train par jour : pour une fois, c'était mon tout ; aller-et-retour Paris-Valencienne dans la journée. En gros : on traverse les plaines picardes à vive allure, puis on ralentit et on tourne à gauche vers Arras. Ensuite, on tourne à droite, on repasse au dessus des voies TGV et on va jusqu'à Douai. De là, on repart en sens inverse et à toute petite vitesse jusqu'à Valenciennes. Une heure de Paris à Arras, une heure d'Arras à Valenciennes, cherchez l'erreur.


En attendant le rebroussement : Douai, aujourd'hui, 18h16.

L'occasion de découvrir les verts prés du Hainaut français ; les arbres commencent à se colorier et la lumière était magnifique.

À part ça, journée tout à fait profitable ; discussions passionnantes avec des archéologues passionnés ; ça vous réconcilierait avec l'histoire, des journées comme ça.

Le Plume vous salue bien.

13 octobre 2009

Passage

Est-ce que les temps sont si rudes que ça ? Non, sûrement pas. Et cependant : il faudrait tout faire, et en même temps prendre son temps - il y a là une difficulté.


Passage Brady, 27 août 2008.

Le bébé dort ; j'écoute du Phil Glass au casque ; demain je passe la journée à Valencienne, rencontrer des archéologues. Et après-demain je termine ce que j'avais prévu de faire aujourd'hui, remettant prestement ma casquette d'ingénieur réseau.

Tiens, il faudrait que je relise la série des Philémon. Le monde des lettres, le manu-manu, les trompompes, tout ça.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax Auto 110, film Kodacolor 400 (format 110), objecti Pentax-110 24mm f:2.8.

Philip Glass, Northern Star : « Are Years What? (for Marianne Moore) ».

12 octobre 2009

Continuons

Soyons honnête : ce weblog fait partie des choses que je pourrais arrêter pour me simplifier la vie. Il y en a d'autre ; par exemple, ce serait bien le moment de me réinscrire en thèse...

Je suis têtu. Par conséquent, continuons.


Les dessous du siège du PCF, Paris 19e, place du Colonel Fabien, 19 septembre 2009.

Récupéré ce matin un des derniers rouleaux de photo commencés cet été ; du noir et blanc (Ilford HP5+), pris avec le robustissime boîtier Pentax K1000. Ça commence dans les hautes herbes bretonnes, ça se termine entre Seine et Butes Chaumont : un rouleau de photo, c'est du temps qui passe.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax K1000, film Ilford HP5+, objectif SMC Pentax-M 100mm f:2.8.

Philip Glass, Northern Star : « Montage ».

11 octobre 2009

Après la bataille

Au menu du week-end : boustifaille samedi soir pour fêter l'anniversaire de la Madame, avec pas mal de monde à la maison. Heureusement, on se trouve avoir plutôt plus de vaisselle qu'il n'en faut.


Grands rangements, mai 2009.

Le reste du temps : digérer, ranger un peu, faire l'andouille avec le petit, et ramener en banlieue pas trop lointaine un tombereau d'affaires qu'on nous avait obligeamment prêté au moment de sa naissance mais dont le temps est d'ores et déjà révolu. Quant aux paperasses urgentes que je voulais traiter : caramba, encore raté.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MX, film Ilford HP5+, objectif SMC Pentax-M 50mm f:1.4.

09 octobre 2009

(Sans paroles)


Boulevard Poniatowski, 28 mars 2008.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MX, film Fuji Acros 100, objectif SMC Pentax-M 50mm f:1.4.

Franz Schubert, Quintette à corde en do majeur D.960.

(Cliquez sur la miniature de la pochette d'album pour avoir les quatre mouvements ; en plus, c'est une très bonne interprétation.)

08 octobre 2009

Stumped

Étant donné que je comptais sur cet après-midi pour faire plein de choses très en retard ; étant donné que je n'en ai fait pratiquement aucunes ; étant donné qu'il est matériellement impossible que je rattrape ce retard dans les jours qui viennent...

Étant donné tout cela, je fais quoi, moi ?


Rue Jean-Antoine de Baïf, juin 2009.

Je n'ai pas non plus reçu les CD que j'avais commandés, mais c'est tant mieux : je n'aurais pas eu le temps de les écouter et ça m'aurait contrarié.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax ME Super, film Fuji Pro160S.

07 octobre 2009

Au marché de Budapest

Après une journée d'exaspérations minuscules l'orage a daigné attendre que je sois rentré à la maison, le scooter rangé et le bonhomme à l'abri avant de déverser des trombes d'eau sur la ville. Thanks God for small mercies. La journée c'est nettement améliorée à partir de là !

Reprenons donc la série hongroise que j'avais interrompue il y a une dizaine de jours pour cause de charge de cours - le terme de charge étant parfaitement approprié.

Le marché couvert de Pest, à deux pas du Danube - je passais devant entre mon hôtel et la conférence, avant de traverser le pont de l'indépendance. On y trouve un mélange relativement harmonieux de piège à touristes et de vrais étals de marchés ; en mezzanine on trouve de la bière à la pression et de grands bols de goulasch.


Marché couvert, Budapest, 30 juillet 2009.

Ce sont ces bols de goulasch qui m'avaient attiré là, en début d'après midi, après des heures de marche autour de la ville. Ceci étant fait (et quelques paquets de paprika acheté sur les étals du rez-de-chaussée, il me restait à retourner à mon hôtel, à dix minutes à pied, pour récupérer mes bagages et tâcher de me rendre à l'aéroport pour retourner vers ma petite famille.

Quant à la musique : celle-ci ira tant avec Budapest qu'avec l'orage.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MX, film Fuji Pro400H, obectif SMC Pentax-M 50mm f:1.4.

Béla Bartók, Sonate pour piano et violon n°1 Sz.75 (1921) : troisième mouvement, allegro.

Botanique et béton

J'aime bien les plantes qui poussent là où on ne les attend pas - dans le creux d'un mur ou au bord d'un trottoir.


Quai de Valmy, Paris 10e, 17 mai 2009.

Musique : alors que je n'ai pas encore complètement savouré les sonates pour violon et piano de Bartók j'ai commandé quelques disques, dont un amiral compositeur, un breton de Strasbourg, un grand cirque pour orchestre d'harmonie et un hongrois qui enregistrait les locomotives à vapeur. Je me disperse dans l'infinie diversité de la musique du siècle dernier, qui après tout est le mien. À ce rythme, tôt ou tard, c'était couru, je devais tomber sur la musique de Phil Glass, et aimer ça.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MZ-5n, film Fuji Pro800Z, objectif SMC Pentax-M 135mm f:3.5, extension macro Asahi Pentax extension set K n°2, filtre Hoya Skylight 1B.

Phil Glass, Einstein on the Beach (opéra en quatre actes, 1976), « Knee Play II ».

05 octobre 2009

Botanique et précipitations

Pour une visite à la station forestière de l'université, à la lisière de la forêt de Fontainebleau, il faut reconnaître que nous avions choisi le jour idéal. Les longues lignes droites de la nationale 7 en prenaient un aspect assez morbide, entre pluie, brouillard et premiers jaunissements des feuilles d'arbres.

Puis, sous la pluie, tenter de s'y retrouver dans le cheminement souterrains des câbles téléphoniques... L'ancien laboratoire de Gaston Bonnier, grande figure de la botanique française, est sur le point d'être refait à neuf, et c'est très bien. Mais soyons honnête : l'endroit est sûrement beaucoup plus agréable quand il ne pleut pas.

On peut toujours se réfugier dans la serre tropicale...


Station de biologie végétale et d'écologie forestière, Avon (Seine-et-Marne), en fin de matinée.

À part ça, ça va. Trois de mes étudiants de l'an dernier (sur une dizaine) ont décidé de faire un master d'histoire des techniques ; on ne s'en est donc pas si mal tiré que ça, il faut croire.

Le Plume vous salue bien.

Béla Bartók, Contrastes pour violon, clarinette et piano Sz.111 : III, « Sebes ».

04 octobre 2009

Bout du tunnel ?

L'ennui quand on s'était mis dans la tête qu'on était bientôt au bout du tunnel, c'est quand on se rend compte qu'il y en a un autre juste derrière. Ou autre inconvénient du même tabac. Après en avoir fini avec mon cycle de cours de la mort qui tue, je me retrouve avec plein de boulot en retard de mon vrai boulot qui me paye tous les mois, un autre cours à préparer et une séance de séminaire à organiser, qui prend l'eau de toute part.


Angoulême, passage sous la voie de l'Europe, juillet 2009.

Résultat : un peu du mal à blogguer ces jours-ci. Mais ça, je ne vais pas laisser tomber, ne serait-ce que parce que je suis une tête de mule de première classe.

Rien à voir : dans son petit lit le p'tit Plume s'est endormi perpendiculairement à la direction prévue, sa turbulette (trop grande il est vrai) complètement entortillée ; il ronflotte paisiblement. Brave !

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax K1000, film Fuji Pro400H, objectif SMC Pentax-M 50mm f:1.4.

02 octobre 2009

Sonde

Les bonnes métaphores, comme les thèmes fugués, sont inversibles. Après vous avoir seriné que j'émergeais, ou non, de ma série de cours de rentrée, je peux le dire bien haut : je plonge maintenant vers les profondeurs du week-end.


Plongée d'un rorqual nain, Cape Cod Bay, juillet 2001.

Et puis : il faudrait que je range mon bureau - une plongée en eau profonde, ça aussi.

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MZ-10, film Kodak Gold 200.

Eugène Ysaÿe, Six sonates pour violon seul Op. 27, n°1 (« à Joseph Szigeti »), II, fugato.

01 octobre 2009

Émerger

Voilà : j'émerge de mes trois jours de cours intensifs aux étudiants de master. Je peux respirer un peu.


Baleines jouant à la surface, Cape Cod Bay, juillet 2001.

Et demain, on passe à la suite...

Le Plume vous salue bien.

Boîtier Pentax MZ-10, film Kodak Gold 200, zoom SMC Pentax-F 100-300mm f:4.5-5.6.