Le mot du pédiatre de garde venu ce soir pour cause de coup de fièvre du bébé (rien de grave, au demeurant) : « d'ici quelques semaines, ils iront mieux. » Par quoi il entendait je pense toute sa clientèle juvénile. J'espère que ça s'applique aussi à leurs parents...
Copenhague, face au musée des postes et télécommunications, août 2007.
Sinon, je connaissais (un peu) les lieder de Schubert ; un peu par hasard, je découvre ceux de Schumann. Plus récents bien sûr, plus proches de nous ; j'aime bien. Mais c'est bien sûr une toute autre chanson que paraphrase mon titre.
Depuis décembre j'avais interrompu mes variations sur un immeuble parisien. Rappelons qu'il s'agit d'une série de photo prises à des moments différents et avec du matériel différent d'un même immeuble parisien particulièrement biscornu, situé passage des Récollets, dans le 10e arrondissement.
Cela signifie probablement qu'il est temps d'en venir à une coda ; elle n'est pas pour aujourd'hui, mais elle approche.
Passage des Récollets, 31 janvier 2009.
Je le disais à l'occasion de la précédente variation : cet immeuble de briques rouge a pour rez de chaussée une boutique à la façade de faïence bleue, fermée depuis longtemps. Son enseigne, passée depuis longtemps, nous parle de fredonnement - d'un refrain un peu gaillard, peut-être, accompagné à la guitare...
Et pour autant, cette enseigne qui ne signale plus rien renforce a contrario la nostalgie et le silence qui entoure cet étrange enchâssement immobilier. Comme un soupir...
Le Plume vous salue bien.
Boîtier Pentax MZ-5n, film Fuji Acros 100, objectif SMC-Pentax M 100mm f:2.8.
Pierre Henry, Variations pour une porte et un soupir.
Premier jour de T.D. aujourd'hui, puisque je m'étais fait porté pâle la semaine dernière. C'est à dire, journée de non-T.D. : une courte séance, le temps de me présenter et de faire choisir aux étudiants leur sujet d'exposé. Et puis, levé le camp : si en temps que personnel technique mes syndicats ne m'appellent pas à la grève, en tant qu'enseignant, par contre, je respecte le vote de l'assemblée générale de l'UFR et suis donc gréviste.
Du coup ça me laissait le temps de prendre une bière et un sandwich dans un bistrot de cette même montagne avant de vaquer à la suite de mes occupations.
L'église Saint-Étienne-du-Mont vue des abords de la faculté de droit, place du Panthéon, 29 janvier 2009.
Mes occupations suivantes me menaient rive droite, à l'UFR d'anglais de mon université habituelle, où pour une fois je ne venais pas changer un routeur, mais suivre un séminaire. Ça change.
Le conflit dans l'enseignement supérieur est aujourd'hui dans une curieuse impasse : le texte qui avait mis le feu aux poudres (le décret sur le statut des enseignants-chercheurs) est, de fait, mort et enterré ; mais comme la ministre se refuse à l'avouer (pour ne pas perdre le soutien de l'UMP en vue des élections régionales), les grévistes n'ont rien qui leur permette de dire « c'est gagné, on peut arrêter les frais. »
Au coin de la rue de Varenne et du boulevard des Invalides, mardi 10 février dernier.
Et du coup, c'est tout le reste qui ressort : la contestation du décret sur la mastérisation des concours, bien mal fagoté il est vrai ; et plus généralement sur une politique, symbolisée par la loi LRU, qui montre une incompréhension totale du monde universitaire et de son fonctionnement.
Le fond du problème, il est bien là : donner leur liberté aux universités, ce n'est pas les transformer en petites entreprises sous la coupe d'une dictature élective ; c'est plutôt de rappeler que l'université est et doit être administrée par tous les universitaires, que chaque université est elle-même un tissu de composantes : UFR, départements, labos... qui ont chacun leur légitimité et leur part d'autonomie. Confier par exemple le recrutement de nouveaux universitaires au président d'université et à son conseil d'administration, c'est d'une imbécilité flagrante : un président mathématicien est-il compétent pour choisir le meilleur biochimiste, ou le meilleur germaniste pour son UFR de biologie ou son département d'allemand ? C'est pourtant l'esprit de la LRU.
J'ai récupéré aujourd'hui une pellicule noir et blanc que j'avais commencée fin septembre, et terminée seulement samedi dernier. Il est vrai que, en grand optimiste, j'avais choisi une pellicule à sensibilité plutôt faible (100 ISO) à la période de l'année où le jour diminue le plus vite... Du coup, je n'en attendais pas grand chose ; et par conséquent, j'ai eu quelques bonnes surprises.
Il va de soi que ce petit jeu de l'attente fait partie des joies de la photo argentique. C'est encore plus vrai lorsqu'on travaille sur plusieurs boîtiers simultanément : j'ai dû entamer et terminer quatre autres rouleaux avec d'autres boîtiers pendant le même temps.
En tout cas, dans ce rouleau, des photos ratées ; des phtos réussies ; des photos que l'on peut considérer comme ratées ou réussies suvivant ce qu'on en attend.
Square Villemin, Paris 10e, 31 janvier 2009.
Ce film achevé, c'est pratiquement tous mes appareils qui sont vides ; seul le YashicaMat a encore quelque chose dans le ventre (une Fuji Neopan 400). Je vais donc pouvoir m'employer au petit jeu des répartitions. Pour qui la Pro400H ? Pour qui la Pro800Z ? Pour qui la Ilford HP5+ ? Les pellicules 100 ou 125ISO vont attendre un petit peu que le soleil monte dans le ciel, par contre !
Le Plume vous salue bien.
Boîtier Pentax MZ-5n, film Fuji Acros 100, objectif SMC-Pentax M 100mm f:2.8.
En pivotant d'un petit quart de tour par rapport à la photo de dimanche (pas bien loin non plus de celle d'hier, par conséquent), on tombe sur les deux seul bâtiments neuf à avoir atteint la limite que marquent les boulevards des Maréchaux : le bâtiment Lavoisier (notre UFR de chimie) et l'école d'architecture Paris-Val de Seine.
Le bâtiment Lavoisier vu du boulevard Masséna, 9 janvier 2009.
Ces deux bâtiments font d'ailleurs partie du travail en cours du moment : il s'agit de les relier l'un à l'autre, par une fibre optique ; c'est l'école d'archi, bénéficiaire in fine de la chose qui exécute ces travaux, mais nous allons devoir faire ce qu'il faut pour amener la connectivité au réseau à haut débit des universités parisiennes jusqu'au bout de la fibre. C'est au programme pour demain.
Sinon, la rédaction de cahier des charges, on fait plus emballant, comme tâche. mais il faut bien que quelqu'un s'y colle, et je suis le littéraire de l'équipe !
Je n'avais pas été très disert sur la photo d'hier, à part pour dire que je l'aimais bien, ce qui n'est pas excessivement informatif il faut bien le dire.
Pour en dire un peu plus : il s'agissait d'une vue du chantier de la ZAC Rive Gauche depuis le côté où elle n'est pas encore parvenue : le boulevard Masséna. De gauche à droite sur cette photo : le bâtiment Lamarck (UFR de sciences du vivant et de sciences de la terre de l'université Paris Diderot) ; tout au fond (à 850m d'après Google Earth), la bibliothèque nationale ; à droite, en face du bâtiment Lamarck, le bâtiment Buffon (nos biologistes, là aussi) ; tout à droite, plus proche, l'extrémité du bâtiment Biopark, rue de la Croix-Jarry. Le terre-plein central, c'est l'extrémité de la future rue Einstein. Pour dire les coses autrement, cette photo est l'opposé de la photo postée en janvier où l'on voit l'hôtel industriel Berlier au bout de la même future rue, prise depuis son autre extrémité.
Je passais ce soir par le rue Bruneseau et le boulevard Masséna : ça bouge, dans le coin. Le réaménagement du carrefour bat son plein ; un tablier de pont est en cours d'installation sur les voix ferrées. Longeant le boulevard par l'extérieur, le pont-rail de la petite ceinture a du soucis à se faire, alors que le futur embranchement entre les voies d'Austerlitz et la ceinture se fraye petit à petit son chemin...
Pont-rail de la petite ceinture sur les voies du chemin de fer d'Orléans, 9 janvier 2009.
Il faisait beau et froid ce jour là, avec la qualité particulière de lumière d'un ciel chargé de givre. Entre deux sites de l'université, ça valait le coup de se risquer sur les plaques de verglas pour prendre quelques photos. On peut en prendre par temps de pluie, aussi - mais ça n'est pas la même chose.
Après ce week-end un tout petit peu prolongé sur avis médical, le moment s'approche de siffler la fin de la pause et de reprendre les outils...
Le chantier de la rue Einstein vu du boulevard Masséna, 9 janvier 2009.
Et la semaine s'annonce rude : point de vue boulot (à Paris 7), pas mal d'urgences à traiter ; et point de vue boulot (à Paris 1) il ne faut pas exclure l'hypothèse d'une reprise des T.D. cette semaine, la ministre semblant pus près de la porte que de l'augmentation. Et donc, les T.D., il faudrait voir à les préparer...
Sinon : j'avoue que je ne suis pas mécontent de cette photo.
Promenade sur le canal Saint-Martin cet après-midi notre petit trio sortant de ses miasmes pour profiter d'une belle journée d'hiver.
Canal Saint-Martin, 9 octobre dernier.
En cette période, c'est dans la courbe du canal, où s'ouvre le square Villemin, qu'il faut aller chercher les derniers rayons du soleil. Ils filtrent à travers les arbres, se reflètent sur les pavés, scintillent sur l'eau, éblouissent les derniers pêcheurs à la ligne puis vont se perdre sur l'architecture assez quelconque des immeubles d'en face.
Pas grave : on est au bord de l'eau, tout de même.
Le Plume vous salue bien.
Béla Bartok, Divertimento pour orchestre à corde Sz. 113, premier mouvement : allego ma non troppo.
Un effet de la fièvre, sans doute : l'univers de mes rêves était singulièrement chaotique la nuit dernière. Il est vrai que d'habitude je ne me souviens pas du tout de mes rêves...
Pas grand chose que je puisse raconter ; c'était un monde instable, où objets et gens pouvaient se transformer en n'importe quoi, mais à condition de passer par un état intermédiaire, qui manifestement était l'état fondamental de toute matière : une sorte de pâte très souple, couleur bleu outremer.
À partir de là, tout est confus ; à tel point que j'ai fini par me réveiller pour aller prendre une dose de paracétamol...
Dans les jardins du Ryoanji, Kyoto, août 1998.
Aujourd'hui : pas mis le nez dehors ; travaillé (un peu), dormi (beaucoup) ; regardé quelques séries allemandes sur les chaines de la TNT en dormant a moitié dans le canapé (le reste du temps).
Amélioration attendue pour demain.
Le Plume vous salue bien.
John Cage, Ryoanji, pour hautbois, contrebasse, voix et percussion (1983).
Mal fichu depuis plusieurs jours, difficultés à avaler, etc. Je ne travaillais pas cet après-midi et devais préparer mes TD de L3, mais pas moyen de réfléchir. Finis par aller voir le toubib, qui me demande si j'ai de la fièvre : « un petit peu peut-être » et de lui expliquer que c'était juste un rhume, de toute façon.
Vérification faite, le peu de fièvre était à 39°5. Je me disais aussi, avoir besoin d'une parka pour regarder la télé dans un appartement surchauffé, c'est pas régulier.
En cas de surchauffe : évents des cuves d'une station service, Angoulême, octobre 2008.
La bronchite du petit, par contre ça va beaucoup mieux. Le principe des vases communicants, en quelque sorte.
Évènement rare aujourd'hui : j'ai pris le métro. Étonnant, non ?
Ligne 14, décembre 2008.
Pour quelqu'un qui vit et travaille à Paris, je le prends remarquablement peu, il faut bien le dire. Quelques fois par ans, guère plus.
Il faut dire que si une partie de mon trajet a lieu sur la relativement luxueuse ligne 14, dont les rames sont spacieuses et plutôt bien conçues, l'autre partie a lieu sur l'intolérable ligne 4, avec ses boîtes à sardines roulantes des années 50 et son cadencement qui chute brutalement vers 19h, souvenir d'une époque où l'heure de pointe se terminait peu après 18h...
Voilà des années maintenant que je vais pour l'essentiel travailler en deux-roues. En vélo, d'abord, lorsque j'étais à Jussieu ; en scooter, depuis, mon lieu de travail s'étant reculé de quelques kilomètres. Voilà pourquoi je m'accoutume (tantôt bien, tantôt moins bien) à la vie parisienne !
J'ai récupéré le scooter vers 17h ce soir, après révision. Et retrouvé mes deux roues pour la fin de mes trajets de la journée.
Après la manif parisienne de jeudi dernier (au parcours un peu riquiqui, il faut bien le dire), nouvelle manifestation aujourd'hui, avec la participation de nombreux collègues de province. Je ne m'avancerais pas sur les chiffres, mais il y avait du monde, c'est certain.
Il y avait même moi. Un peu. Un peu, parce qu'en l'absence d'un mot d'ordre de grève de la part des syndicats du personnel technique des universités, je ne m'étais pas senti le droit d'annuler une intervention prévue de longue date et qui tombait cet après-midi. Ce n'est donc qu'après avoir terminé mon remplacement de routeur, du côté de Saint-Sulpice, qu'avec un collègue nous sommes partis sur les traces du cortège, parti près de deux heures plus tôt. Et ce alors même que Madame Plume, qui manifestait en tête de cortège avec son université, avait eu le temps d'arriver aux Invalides, de prendre son métro, et de rentrer à la maison...
C'est du côté du point d'arrivée que nous l'avons finalement rejoint, ce cortège, après avoir descendu boulevard du Montparnasse et boulevard des Invalides parmi les balayeuses municipales. À la fumée des cierges, mais avec la satisfaction d'avoir (un peu) participé.
Boulevard des Invalides, ce soir, alors que ça commençait à se vider pour de bon.
Et cependant, le ministère ne semble pas comprendre qu'après que la loi sur la « liberté et responsabilité » des universités ait été imposée à une communauté universitaire qui fondamentalement n'en voulait pas, les décrets en préparation constitue véritablement la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Et de proposer une médiation, tout aussi bidon que les concertations qui avait précédé la rédaction de ces textes. Le gouvernement actuel nomme « concertation » le fait de réunir des personnalités plus ou moins représentatives pour leur dire le fait du prince...
Hier, super raclette chez des amis : c'est de saison et, maintenant que nous avons charge d'âme, nous mangeons beaucoup moins souvent dehors - de temps en temps, ça fait du bien. Fromage, charcuterie, patates et amitié, plutôt sympathique, comme mélange.
Puisqu'on parle charcuterie : un bout de la tablée du dernier réveillon (de même provenance).
Aujourd'hui, je manque un tantinet de dynamisme. Y aurait-il une quelconque relation de cause à effet entre ces deus évènements ?
Il neigeait encore ce midi, et un peu ce soir quand j'allais au labo récupérer ma dernière pellicule. Mais avec des températures nettement au dessus de zéro (tout est relatif), pas de tapis neigeux, ni sur le sol, ni sur les toits...
Neige sur un toit-terrasse, avec quelques mauvaises herbes et le soleil couchant, Grands Moulins, 6 janvier dernier.
Pas mécontent d'ailleurs de ce qu'a donné la pellicule en question. On y trouve des photos de neige, des photos de chantiers, et même des photos de la manif' de jeudi - idéal pour illustrer celle de mardi prochain, tiens. Si le gouvernement ne fait pas marche arrière d'ici là : franchement, ça ne me semble plus être qu'une question de jours.
J'ai toujours trouvé le Panthéon par trop solennel, un peu déplacé peut-être même. Mais je dois dire que ce soir, avec la place pleine de manifestants, c'était tout à fait acceptable.
Place du Panthéon, novembre 2008.
Oui : je manifestais aujourd'hui contre le n'importe quoi absolu des décrets en préparation concernant l'enseignement supérieur. Où sous prétexte de moderniser, on casse la boutique le plus possible. Décidément, les années Saunier-Seïté ne sont pas si loin, où une droite revancharde tapait à bras raccourcis sur des universités soupçonnées de manquer de sympathie pour le régime...
Beau temps pour la manif : Amora, déesse de la grève, devait être avec nous.
J'aime voir la manière dont la végétation parvient à repousser dans les interstices de la ville. Pas les parcs et jardins, non : les bouts de terrain vague, les fissures du macadam, les recoins de muraille...
> Rue Watt, novembre 2008.
Finalement c'est sur le même mode que la pensée, ou la méditation, ou le rêve éveillé, parviennent à se glisser dans nos journées d'homo sapiens urbains du XXIe siècle.
De retour aujourd'hui dans les riantes barres grises de Jussieu. Le palais de l'Escorial avait été bâti par Philippe II d'Espagne à l'image du grill sur lequel saint Laurent avait connu le martyr ; j'ignore ce qui a inspiré le concepteur de l'aberration architecturale qu'est Jussieu...
Jussieu : une barre en rénovation, mars 2008.
Quel bon vent m'amenait en ce lieu riant ? Un vent ni trop pluvieux, ni trop neigeux, pour commencer : c'est déjà pas mal. À part ça, l'histoire usuelle - des labos que l'on déplace au gré des chantiers et à qui il faut tant bien que mal rétablir connexion réseau et téléphone. Le pire, c'est qu'en général, on y arrive.
Sinon, ça y est, je marche d'un pas assuré sur les sentiers de la gloire : on me cite dans une revue tirée en cinq cents exemplaires à Odense (Danemark). Évidemment, comme je ne lis pas le danois, je n'ai guère de moyen de savoir ce qu'on raconte. Mais comme dirait notre prétendu président de la République : l'important c'est qu'on parle de moi tous les jours.
Cette année à Paris, la neige tombe les premiers lundis du mois. Rendez-vous le 3 août prochain pour vérifier cette hypothèse.
Jardin des plantes, lundi 5 janvier dernier.
En attendant, les rues de Paris étaient recouvertes d'une espèce gloubi-boulga jaunasse spécialement étudié pour camoufler les éventuelles plaques de verglas. Très franchement, après avoir testé, je ne recommande pas la pratique du deux-roues (motorisé ou non) dans ces conditions - garder les deux roues en question en file indienne demande une certaine concentration assortie d'une dose de chance.
Ce soir, plus grand chose par terre, mais tombait du ciel dans une atmosphère saturée d'humidité une neige fondue collant bien à la visière. Pas grave, hein, la conduite visière relevée, c'est vivifiant.
Si ça continue comme ça, je vais en venir aux dernières extrémités. Genre, emprunter le métropolitain.
Pour se changer les idées : Bedrich Smetana, Ma Vlast: Vltava (« la Moldau »). Encore que l'hiver tchèque... Ci-dessous : l'interprétation de Nikolaus Harnoncourt, à la tête du Wiener Philarmoniker, subtile, retenue - une redécouverte.
Pour finir le mois, image et son, mais pas trop de mots.
L'image, c'est une presse, dans une imprimerie d'art du quartier dont je vous avais parlé. Le son : un peu de musique concrète, par Pierre Schaeffer, qu'on peut considérer comme l'inventeur du genre, au sein du service recherche de l'ORTF. En gros : de la musique faite de bruits enregistrés et remixés...
Je pourrais disserter sur la question ; m'interroger sur la fin de la dualité entre composition et interprétation ; si c'est bien de la musique ; etc. Mais il est tard, le petit est enrhumé et tousse dans son sommeil ; moi, je tousse tout court. Et je n'ai pas l'intention de m'enregistrer pour me remixer plus tard.
Je vous avais servi la semaine dernière un coucher de soleil sur le Pacifique ; puis, un lever de soleil sur une maternité. Voici maintenant le coucher de soleil sur les chantiers.
Rue de la Croix-Jarry, 4 avril 2008.
Un chantier qui a pas mal changé depuis l'an dernier, puisqu'il s'agit du futur pont-route de la rue Einstein, dont je vous parlais l'autre jour. Mais tel n'est pas mon propos.
Quel est-il, d'ailleurs ? Je n'en ai pas, je crois. Juste regarder la semaine se terminer derrière le chantier déserté.
Frédéric Chopin, Mazurka en si mineur, op.33, n°4, (Maurizio Pollini, piano, 2008). L'interprétation trouvée sur Deezer (ci-dessous) en est une autre, nettement moins bonne je trouve - on fait avec ce qu'on a.
Ça devait arriver : à force de m'aventurer dans la musique du XXe siècle (comme vous l'avez peut-être noté ces derniers jours), je devais tomber sur la musique de John Cage, le représentant le plus célèbre de la musique expérimentale d'outre-Atlantique.
Dans un paysage : composition accidentelle, Lounnec, Côtes d'Armor, mai 2008.
In a Landscape est une pièce pour piano d'une facture relativement classique pour Cage (pas trop de gommes ou de boulons coincés dans les cordes du piano), qui du coup vous a un petit air de Satie ; surtout, une composition circulaire, ou quasi. Serait-on, plutôt qu'en train de regarder un paysage, captifs de l'angle de vue qui définit un paysage - et non pas devant ce paysage mais dedans...
Le monde de Cage est comme ça : un monde de déclage, de conscience qui se déplace.
Oui, parfaitement : weblog engagé, Des photos et des jours appelle solennellement à la grève demain.
Boulevard Beaumarchais, 18 juin 2008.
En tout cas, moi, je serais gréviste ; je me suis officiellement signalé comme tel à mes supérieurs. Et je n'irai pas travailler, évidemment. Bon, par contre, il y a une journée d'études à l'institut d'histoire de la Révolution française à laquelle j'ai bien envie d'aller faire un saut...
Le Plume vous salue bien.
Boîtier miniature Pentax Auto 110, film Fujicolor 200, objectif Pentax-110 18mm f:2.8.
Au beau milieu de la photo d'hier, comme un semi-remorque mal garré entre périph et boulevards des Maréchaux, l'hôtel industriel Berlier (du nom de la rue Jean-Baptiste Berlier, qui le longe).
L'hôtel industriel Berlier vu de la rue Bruneseau, Paris 13e.
Le concept n'en est pas mauvais : les activités industrielles s'éloignent de Paris faute de surfaces pour s'installer, et vont miter le paysage de hangars-boîtes à chaussures dans de vastes » zones d'emploi :«. Pourquoi ne pas concevoir une sorte d'habitat collectif industriel, qui proposerait aux entreprises des surfaces facilement aménageables pour y installer leurs ateliers, sans pour autant aller s'exiler à Brie-Comte-Robert ? Elles y gagnent en services mutualisés (gardiennage, chauffage, etc.).
Pas de pot : cette réalisation a vu le jour alors que l'idée qu'on pouvait produire quoi que ce soit dans ce pays devenait de plus en plus exotique. Sans compter quelques erreurs de conceptions en terme de logistique : manque de quai de chargement, stationnement insuffisant tant pour les employés que pour les livraisons et les véhicules d'entreprises... Résultat, une bonne partie de l'immeuble est restée vide pendant des années ; on y trouve aujourd'hui des activité bien éloignées du concept original : services techniques de l'université voisine, centre d'aide par le travail...
Mais j'avoue : j'ai de la sympathie pour cet étrange bâtiment.
Le Plume vous salue bien.
Pierre Henry & Michel Colombier, Messe pour le temps présent, 2 : « Psyché Rock ».
Parmi les thèmes récurrents de ce weblog : le chantier de la rue Einstein, dans le 13e arrondissement, qui doit prolonger les rues du nouveau quartier jusqu'au boulevard Masséna. Je vous l'avais montré à différents niveaux d'achèvement ; la continuité est maintenant réalisée d'un bout à l'autre du parcours. Il n'y a plus qu'à faire la rue...
Le chantier de la rue Einstein, novembre 2008.
Il est vrai qu'il fallait pour cela construire un viaduc sur la rue Watt et les terrains vagues qui suivent - longeant ainsi le petit bout de la rue de la Croix-Jarry ; il y aura un gymnase sous ce segment m'a-t-on dit. Il y a ensuite le franchissement de la future bretelle ferroviaire entre les voies du chemin de fer d'Orléans et l'ancienne petite ceinture ; ensuite, un remblais permet de rejoindre le boulevard Masséna, juste en face de l'hôtel industriel Berlier.
À part ça : le bleu de Gex, il y a pas, c'est vachement bon.
Il y a quinze jour je vous parlais d'instruments à vent, avec une clarinette comme illustration. Quelques réflexions sur cet instrument précis...
Une clarinette démontée et rangée dans sa boite, Angoulême, 5 janvier dernier.
J'ai l'impression que la clarinette forme, sinon un binôme, du moins une fratrie parfois conflictuelle avec un instrument à l'apparence et à la tessiture assez voisine : le hautbois. Une fois qu'on a dit ça, on ne peut que faire la liste de ce qui les séparent : la perce (c'est à dire le vide au milieu du tuyau que forme le corps de l'instrument) est cylindrique pour l'une, conique pour l'autre ; la vibration est produite par une lamelle de roseau vibrant contre un bec, dans le cas de la clarinette, et par deux lamelles vibrant l'une contre l'autre pour le hautbois. Résultat, le son du hautbois est plus doux, plus pur ; celui de la clarinette étant nettement plus rugueux. Mais aussi plus puissant : dans les morceaux où hautbois et clarinette se répondent (comme un segment du concerto pour violon de Sibelius dont je vous parlais l'autre jour), on voit le hautbois s'efforcer, joues gonflées, à produire un son suffisamment puissant, tandis que le clarinettiste doit se retenir pour ne pas le couvrir totalement... Du coup, si le hautbois était un fidèle compagnon du clavecin, la clarinette s'apparie mieux à la puissance sonore du piano.
Peut-être est-ce pour ça qu'elle est un instrument central de la musique du XXe siècle, que ce soit dans le jazz ou la musique dite classique, l'un renforçant l'autre - d'ailleurs les contrastes pour violon, clarinette et piano de Bartok étaient une commande du clarinettiste de jazz Benny Goodman.
Côté quatuors, on retrouve la clarinette accompagnée du violon, du violoncelle et du piano dans le célèbre quatuor pour la fin du temps de Messiaen, mais là, on doit plutôt le choix des instruments au hasard des musiciens disponibles dans le stalag où il faisait un séjour forcé. Mais la clarinette y rencontre le goût de Messiaen pour les chants d'oiseau... À noter que le hautbois ne disparait pas pour autant : on le retrouve par exemple dans des pièces très intéressantes de John Cage que je découvre ces jours-ci. Pas de chance pour vous, chers lecteurs : ça veut dire que je vous en reparlerai.
Le Plume vous salue bien.
Olivier Messiaen, Quatuor pour la fin du temps, III : abîme des oiseaux (mouvement pour clarinette seule).
Étant passablement liquéfié ce soir, je vous présente tout naturellement une photo consacré à ce que les constructeurs nomment les fluides. C'est à dire, en particulier, mais pas exclusivement, ce que la physique nomme ainsi. Pas exclusivement, puisque l'on inclue en général là dedans l'électricité et, par proximité, les courants faibles - autre jolie désignation, qui inclut tous les circuits électriques sur lesquels on peut mettre le doigt sans bobo : téléphone, données informatiques, vidéo...
Étage technique du bâtiment Lamarck, juillet 2008.
Dans nombre d'immeubles modernes, les combles sont rebaptisés étage technique ; c'est à dire qu'il sont le lieu de résidence principal des fluides. Celui-ci a l'avantage d'être un vrai étage, pas comme dans le bâtiment voisin où le demi-étage correspondant est tellement rempli qu'on ne s'y déplace qu'en rampant, au mieux plié en deux. L'espace y est essentiellement occupé par les tuyaux. Eau chaude, eau froide sanitaire ou très froide de la climatisation ; air ventilé ou au contraire émanations douteuses venues des sorbonnes... On y trouve également des locaux électriques avec les câbles correspondant, et une baie de brassage pour les réseaux informatiques et téléphoniques, raison de mon passage sur les lieux - avec dans le fond de mon sac à malice un boîtier, équipé fort heureusement d'un film à l'aise dans les basses lumières. Surtout en le poussant à 800ISO depuis ses 400ISO théoriques.
Mais cependant : l'humain n'est ici que de passage ; seul signe de sa présence (si l'électricien de service n'a pas laissé traîner son jambon-beurre) : les petits panneaux réglementaires qui lui indique, d'une flèche sans ambiguïté, la sortie la plus proche.
Et cependant, à Jussieu, la neige a fondu, mais on ne peut pas dire que ce soit un progrès esthétique marquant. Ça l'est de toute manière rarement.
Jussieu, 5 janvier dernier.
J'y étais cette après-midi pour dépanner un labo dont le terrain de recherche est, je crois, les mécanismes du mal de dents chez les rats. En tout cas c'est ce que j'ai compris : le rat qui était sous la binoculaire, à deux pas d'une des machines à connecter, n'avait pas l'air d'avoir particulièrement mal aux dents - mais il avait aussi l'air plus mort que vif. Ce qui résout le problème.
Oui, il y a tout ceux qui trouvent qu'on en parle trop. Mais j'étais content d'être à la maison à temps pour suivre sur CNN la prestation de serment et le discours inaugural d'Obama. Et pas seulement pour ricaner lorsque le président de la cours suprême s'est emmêlé dans la vingtaine de mots de la formule du serment...
National Mall, Washington D.C., 26 décembre 2005
Lors de notre passage à Washington en 2005, j'étais allé me promener sur le Mall et j'avais fait le tour du Capitole. C'était nettement plus calme qu'aujourd'hui... Comparez si vous voulez les photos de la presse avec celle que je vous avais proposé il y a quelques temps de ça !
Allez, un petit coup d'Inauguration Madness, parce qu'il n'y a pas de raison. Parce que voir Pete Seegers, le grand-père batailleur de la chanson engagée américaine, chanter avec Springsteen cet hymne national de l'autre Amérique qu'est This land is Your Land de Woody Guthrie, son vieux compère, au pied du Lincoln Memorial, ce n'est pas rien.
Eh oui : This Land is Your Land, c'est peut-être une chanson patriotique, mais c'est ausi une chanson de revendication et de lutte. Ce qui n'est pas contradictoire, pas plus qu'il n'y a contradiction pour cet opposant acharné de la guerre du Vietnam de chanter juste en face de l'Arlington National Cemetary, juste de l'autre côté de la Potomac...
Le Lincoln Memorial vu de l'ancienne demeure de Robert E. Lee, Arlington National Cemetary, Arlington, VA, 30 décembre 2005.
Pete Seegers, vous connaissez forcément certaines de ces chansons : certaines nous sont parvenues, griffes rognées, par l'intermédiaire de Graeme Allwright. Waist Deep in the Big Muddy, Little Boxes (écrite par Melvina Reynolds, mais qui a connu le succès avec Pete Segeres)...
Bien sûr, la Gauche américaine incarnée par Segers et Springsteen sait parfaitement qu'Obama sera un président pragmatique, gouvernant au Centre, et qu'il les fera pester, manifester, pétitionner à plus d'une occasion. Mais ça ne les empêchent pas de célébrer la fin de huit années d'une présidence aberrante. Et nous non plus.
Woody Guthrie, This Land is Your Land, interprété par Pete Seegers et Bruce Springsteen au Lincoln Memorial, Washington D.C. le 18 janvier 2009. Une fois n'est pas coutume, la vidéo :
Il faut le dire : le programme annoncé dans le précédent message a été respecté à la lettre : rien.
À un moment donné, j'ai failli aller faire un tour de vélo, histoire de commencer à éliminer les kilos hivernaux. Finalement, je suis resté tranquile à écouter de la musique et à manger de la galette des rois, et le vélo est resté suspendu à son crochet. Sage décision, n'est il pas ?
(Du point de vue du tour de taille, peut-être pas.)
Le rayon vélo du Décathlon de l'avenue de France, 31 novembre 2008.
Pour résumer : un dimanche passé à regarder pousser les dents du fiston. Qui n'ont pas encore percé, d'ailleurs, ce qui diminue nettement les phénomènes observables. Ça commence à le tracasser, ceci dit - mais il faut bien en passer par là pour croquer la vie à pleine dents !
L'intermianble semaine se termine ; et tel l'autobus en fin de service je rentre au dépôt pour laisser refroidir mon moteur.
Angoulême, dépôt des autobus de la STGA, 3 janvier 2008.
Quel programme, alors ? Eh bien - rien, justement. S'éclairer des sourire du bébé. Ne pas sortir, ou pas trop. Profiter du temps qui passe. Et c'est tout.
Le Plume vous salue bien.
Percy Grainger, The Gum-suckers March (In a Nutshell).
Si le couloir du bâtiment Lavoisier débouche (s'il n'y avait une baie vitrée) sur l'école d'architecture Paris-Val de Seine, quid de l'autre bout ?
Vue au sud-ouest du bâtiment Lavoisier, novembre 2008.
Eh bien : les terrains vagues, les chantiers ; les voies de la gare d'Austerlitz ; le boulevard Masséna. En haut de la côte, la caserne centrale des pompiers parisiens. Pour l'instant, en tout cas : cette vue n'est pas imprenable. Il y aura là une aile du bâtiment M5b2, qui abritera mathématiciens et informaticiens ; un peu plus loin, ce sera M6, où seront les lettres et sciences humaines. À moins que ce soit l'inverse : pas moyen de me rappeler.
Pour l'instant, la future rue Einstein poursuit son lent chemin vers le boulevard Masséna ; je suis passé dans le coin l'autre jour prendre quelques photos. On verra ce que ça donne.
Cette semaine poursuit elle aussi son lent, très lent chemin vers sa fin. Et moi, je vais aller me coucher, sinon je vais faire pareil.
Le Plume vous salue bien.
La musique qui me trotte dans la tête : Camille Saint-Saens, Danse macabre Op. 40 (par l'orchestre de Philadelphie dirigé par E. Ormandy).
La photo que je vous proposais hier n'était pas la première à utiliser la vue que le bâtiment Lavoisier deu nouveau campus de l'université Paris Diderot offre sur son voisin, l'ancienne usine d'air comprimée devenue école d'architecture : en juillet dernier par exemple, tandis qu'il y a un an environ, avant que le bâtiment ne soit livré, je jouais avec ses reflets.
Notez par ailleurs que la photo d'hier était bien une seule photo à travers une fenêtre double, bien sûr.
Non seulement ce bâtiment est particulièrement bien placé pour pouvoir admirer son voisin - du moins tant que rien n'aura poussé sur la parcelle qui les sépare - mais en plus il y a de grandes baies vitrés en bout de couloir. Quand elles ne présentent pas déjà quelques faiblesses...
L'école d'architecture vue du bâtiment Lavoisier (niveau R+8 je crois), 21 novembre 2008.
Fissures, aussi : alors que les universités entament un bras de fer, qui a toutes les chances d'êtres rude et prolongé, avec le gouvernement, la mienne se plonge dans les joies des guéguerres intestines. Il est vrai que la loi dites « liberté et responsabilité des universités », excessivement mal fichue comme la plupart de celles que fait adopter ce gouvernement de branquignols, ouvrait un boulevard à tous les amateurs d'affrontements entre coteries et autres arrangements byzantins. Tout en prétendant faire le contraire bien sûr.
Mais ce n'est pas parce que la loi le permet qu'il faut s'y empresser. D'autant que ce n'est vraiment pas le moment. Dommage.
Et cependant sur notre beau campus tout neuf l'année a repris son cours normal, les brumes de fêtes dissipées et la neige de nouvel an fondue. La saison des galettes s'achève ; et cependant les arrivées continuent dans les bâtiments de l'université. Les arrivants récents sont des chimistes et des biologistes ; pour ce qui concerne l'université Paris Diderot, ils auront bientôt disparu du campus de Jussieu.
L'école d'architecture (ex-usine SUDAC) vue du R+2 du bâtiment Lavoisier, 21 novembre 2008.
Et cependant la prochaine tranche de travaux se profile déjà : les permis de construire des bâtiments de la deuxième tranche pourrait advenir prochainement. Nouveaux projets, nouveaux chantiers...
Jean Sébastien Bach, sonate BWV 1030b (transposition en sol mineur de la sonate pour flute en si mineur BWV 1030) interprétée au hautbois par M. Giboureau et à l'orgue par A. Isoir.
Pour une plaquette en préparation, on m'a demandé de rassembler mes photos du nouveau campus. Du coup, je suis tombé sur les plus anciennes, avant même que les travaux ne commencent pour de bon. Il n'y a pas si longtemps finalement : cinq ans, ce n'est pas grand chose.
Les Grands Moulins vus de l'immeuble Réseau ferré de France, février 2003.
Ceux qui connaissent le quartier en conviendront : il y a eu quelques travaux de réalisés depuis !
Et pendant ce temps, alors que l'université qui m'emploie finit de s'installer dans ses locaux rénovés, les sbires présidentiels travaillent à démolir pierre par pierre l'Université dans son ensemble. Ça aussi, ça progresse, hélas.
La liste d'instruments à vent que je donnais hier ne voulait pas être exhaustive - y manquait toutefois l'un des plus spectaculaires : le sousaphone, ou soubassophone, parmi les plus grave (et donc les plus gros) de la famille des cuivres.
Rue du Faubourg Saint-Denis, octobre 1998.
Il doit son nom d'origine à John Philippe Sousa, directeur de la musique des U.S. Marines au début du XXe siècle, et à ce titre grand spécialiste de la musique de marche, pour lequel l'instrument avait été fabriqué. Le sousaphone a l'avantage sur l'hélicon, son proche cousin, d'être mieux équilibré, et d'avoir son vaste pavillon tourné vers l'avant, rehaussé au dessus de la tête des musiciens - notamment de son porteur, qui autrement n'y verrait rien, mais ça évite aussi de balancer ses basses pile dans l'oreille du voisin de devant.
Sinon, c'est un cuivre à piston comme d'autres : ce sont les vibrations des lèvres du musicien qui produisent le son, qui entre en résonance en fonction de la longueur de la colonne d'air présente dans le tube. Si cette colonne d'air était invariable (comme pour le cor de chasse par exemple), on ne pourrait faire qu'un petit nombre de notes : les harmoniques de la note la plus basse de l'instrument. Les pistons sont là pour modifier la longueur en introduisant des dérivations dans le cheminement de l'air, ce qui permet de récupérer les notes manquantes de la gamme.
J'avais vaguement réussi dans le temps à tirer quelques sons d'un cor de chasse qui traînait en Bretagne. Mais si on devait me faire jouer d'un machin pareil, à moi qui ai mal aux joues en gonflant un ballon de baudruche, je tomberais mort avant la fin du premier morceau !
Le Plume vous salue bien
P.S. : paradoxalement, j'écris cette note à l'issue d'une journée où nous avons été pourchassés par les tapages variés, d'un marteau piqueur dans le mur porteur de l'immeuble ce matin à des sonos plus qu'invasives ce soir... Le silence, lui aussi, est d'or.
J. P. Sousa, With Pleasure/dance hilarious (cake walk). Cf. l'émission Les secrets d'Éole sur France Musique du 7 janvier dernier.
La musique classique a deux instruments rois : le violon et le piano - à moins que ce ne soit l'inverse. Deux instruments à cordes, l'un à clavier et marteaux pour la précision de la note, l'autre à archet et manche lisse pour mettre le musicien en prise directe avec la vibration de la corde. Et le monde du rock calque cette tradition, puisque deux camps s'affrontent sous le regard amusé du batteur : les claviers, d'une part, guitaristes et bassistes de l'autre.
Et les instruments à vent ? À l'exception du plus simple d'entre eux (la voix) ils ont un peu perdu le terrain qu'ils occupaient au temps où l'orgue dominait la messe - ou cet autre temps où le saxophone était roi de Broadway.
Clétage de clarinette, Angoulême, 5 janvier dernier.
Quelle diversité, pourtant. Flûtes traversières ou à bec (qui n'en a pas joué !), famille des cuivres où c'est de la bouche du musicien qu'est issue la vibration : cor de chasse ou cor d'harmonie, trompette, trombone (à coulisse ou à pistons), tuba ; famille des bois où c'est une lamelle de roseau (l'anche) qui joue le rôle de corde vocale (clarinette, saxophones), à moins qu'il n'y en ait deux entre lesquelles l'instrumentiste s'efforce de faire passer son souffle (hautbois, basson, etc.) - sans compter les instruments où le souffle est indirect ou artificiel : cornemuse, accordéon, harmonium et, bien sûr, l'orgue, instrument-monument.
Pour tâter de cette variété, j'aime bien l'émission de France Musique qui y est entièrement consacrée : les secrets d'Éole, le mercredi à 16h (je crains que mon voisin de bureau maudisse le jour où j'ai découvert le site web de France Musique). Ou alors, écoutez quelques morceaux dont j'ai déjà parlé ici, ou d'autres - sonate pour flûte BWV1030 de Bach, danse macabre de Saint-Saens (où vents et cordes se répondent), ou encore le vibrato du sax de Sydney Bechet : il n'y a que l'embarras du choix.
Le beau temps froid, pour prendre les photos, c'est super. Mais au bout d'une dizaine de minutes, ça devient nettement moins super : on ne peut tout de même pas faire ça en moufles ; en conséquence, le bout des doigts se refroidit très rapidement...
Un après-midi d'hiver, Angoulême, 4 janvier 2008.
Lorsqu'il devient difficile d'ajuster vitesse et diaphragme, le message est clair : il est temps de rentrer, prendre un grand mug de thé bien chaud.
On nous l'a répété : l'air froid qui couvrait la France ces derniers jours, il venait de Sibérie et de Scandinavie, oui Monsieur. Bon, évidemment, c'est le mécanisme parfaitement standard du beau temps froid : extension vers le Sud-Ouest de l'anticyclone subpolaire continental déviant les perturbations atlantiques vers la mer de Norvège ; on voit mal comment on aurait cette météo=là autrement.
Voilà en tout cas une occasion d'apprécier des paysages et des températures réellement hivernaux, auxquels nous nous déshabituons vite dans nos climats tempérés.
Le jardin des plantes vu de la place Valhubert, lundi dernier.
On notera d'ailleurs que, comme à l'accoutumée, le jardin des plantes avait fermé ses portes : un temps hivernal en hiver, ça mérite des mesures d'exception, c'est évident. Le parisien est prié d'apprécier son hiver dans les caniveaux gelés, surtout pas au milieu des arbres, fi donc. Du coup, les statues de Lamarck et de Buffon sont bien seules au milieu de la neige - se tournant résolument le dos comme il se doit.
Un peu de musique, tiens : un compositeur finlandais, c'est de saison. Le site web de la Cité de la musique propose pour quelque jour une vidéo de bonne qualité, retransmission d'un concert du Chamber Orchestra of Europe jouant notamment du Sibelius. Le site n'est pas très bien fichu dans la mesure où il est difficile d'interrompre son visionnage pour le reprendre ensuite, mais ça vaut le coup d'y jeter un coup d'œil. Moi qui d'habitude me méfie des jeunes virtuoses russes, là, en soliste dans le Concerto pour violon de Sibelius, ça fonctionne impec - avec en prime un vieux virtuose russe à la direction d'orchestre !
Le Plume vous salue bien.
Jean Sibelius, concerto pour violon op. 47, par Valeriy Sokolov (violon) et le Chamber Orchestra of Europe dirigé par Vladimir Ashkenazy.
Boîtier Pentax ME Super, objectif SMC Pentax-M 35mm f:2.8, film Fuji Pro400H : la première pellicule de l'année 2009.
On ne m'ôtera pas de l'idée que ça a un peu fraîchi ces jours-ci.
Ilulissat Isfjord, Groenland, août 1993.
L'avantage des scooters dont le phare est plutôt haut placé : aux feux rouges, on peut poser les mains dessus pour se réchauffer. Et ça n'est pas inutile.
La reprise aujourd'hui - aïe. Neige sur Paris, juste assez pour faire de la bouillasse, et températures négatives prévues pour demain : ça devrait être intéressant. Le scooter était resté au parking aujourd'hui.
Côté boulot, cette ambiance de reprise, où personne n'a vraiment envie, mais il faut bien ; les fêtes, à la fois proches et déjà si lointaines. Il est encore temps de se souhaiter bonne année, mais ça manque de conviction.
La fête de la science aux Grands Moulins, Paris, novembre 2008.
J'ai tout de même profité de la météo pour terminer une pellicule : premier rouleau de l'année dans quelques jours donc. Pour se rappeler de la neige quand ça aura fondu...
Et voilà : rentrés tout à l'heure d'Angoulême, malgré des trains très en retard et une gare pleine comme un œuf... Mais côté positif des choses : notre bébé est une perle. Objectivement. Être dans une autre maison, il aime bien ; rentrer à la maison, ça le réjouit ; et le voyage, ça l'éclate. Il n'y a que les annonces répétées dans le hall de la gare qui le chagrinaient un peu ; et encore, il ne pouvait pas apprécier pleinement le fait que chacune contredisait la précédente.
Gare d'Angoulême tout à l'heure, bien après 14h57.
Parmi les avantages de ce petit aller-et-retour : nous avons refait connaissance avec la lumière du soleil, qui s'était faite rare à Paris ces derniers temps - nous étions partis sous la neige vendredi matin... Parmi les inconvénients : ça va démarrer demain sur les chapeaux de roues. Tiens : un cadeau surprise à qui me trouvera l'origine exacte de cette expression !
Nouvel an, nouveau millésime : tous les ans, ce millésime semble un peu plus absurde : 2009 ? Mais non, voyons, ça n'est pas possible ! On s'était à peine habitué à 2008... C'est la saison des ratures sur les chèques, ou sur tout autre papier que l'on date à la main.
2008 s'achève, et la fin du monde n'a pas eu lieu. Même l'élection de Sarkozy n'y a pas suffi - ses lendemains ont tout juste eu l'amertume d'une triste comédie. Il faut s'y faire, on en a pris pour cinq ans.
À vrai dire, j'ai tendance à m'isoler des actualités, absorbé que je suis par le seul bilan qui m'importe de l'année écoulée : ce merveilleux petit bonhomme qui a découvert depuis mercredi les joies de la purée de haricots verts !
Angoulême : la gare et le faisceau marchandises, octobre 2008.
Nous partons d'ailleurs quelques jours, partager ce bonheur-là avec ses grands-parents. Compte tenu des difficultés de connexion que j'éprouve en général lors de mes visites à Angoulême, il est possible que ce weblog reste silencieux jusqu'à dimanche prochain. Je suis sûr que vous saurez rester digne dans cette adversité.
Le Plume vous salue bien.
P.S. : lecture de Moby Dick terminée. Je vous en recauserai en rentrant.
Une cantate du premier janvier : J.-S. Bach, Jesu, nun sei gepreiset, BWV41, avec son ouverture spectaculaire aux cuivres triomphants.